(Québec) Cinq mois avant les élections fédérales, les conservateurs ont commencé leur opération charme en Beauce, une circonscription qu’ils espèrent ravir à leur ancien collègue devenu adversaire, Maxime Bernier.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Le député Gérard Deltell a passé la journée hier à sillonner la circonscription qui était conservatrice jusqu’à ce que M. Bernier claque la porte pour fonder le Parti populaire du Canada (PPC). Il était accompagné du candidat conservateur local, Richard Lehoux, pour cet exercice aux allures d’opération préélectorale.

Maxime Bernier n’a pas paru s’offusquer de la manœuvre hier, notant « que tout le monde est bienvenu en Beauce », avant de qualifier son ancien parti de « Lada » et son candidat de « représentant de l’UPA ».

MM. Deltell et Lehoux ont visité plusieurs entreprises de la circonscription. Ils ont également donné des entrevues à des médias locaux.

« Régulièrement, on se promène partout au Québec pour parler aux citoyens », a précisé en entrevue M. Deltell, se défendant de cibler particulièrement les terres de M. Bernier.

La Beauce devrait être une circonscription chaudement disputée aux prochaines élections. M. Bernier l’a représentée pendant 12 ans en tant que conservateur. Défait par Andrew Scheer dans la course à la direction, il a claqué la porte en 2018 pour fonder le PPC, un parti plus à droite et critique envers l’immigration. Il représente depuis la circonscription sous ses nouvelles couleurs.

Pour déloger Bernier, les conservateurs comptent sur un ancien producteur laitier, qui a longtemps été maire de Saint-Elzéar, préfet local et président de la Fédération québécoise des municipalités.

« On a un excellent candidat, Richard Lehoux est un Beauceron pure race, c’est le cas de le dire. Richard est un Beauceron de huitième génération. Son ancêtre est arrivé en 1735 », a noté M. Deltell.

« Il est dédié à la Beauce à 100 %. Sa priorité, ce sont les gens de la Beauce », a ajouté le conservateur dans une pointe évidente à Maxime Bernier. Celui-ci doit sillonner le pays pour faire la promotion de son jeune parti.

« Les Beaucerons comme les Canadiens sont tannés de Justin Trudeau. Si on ne veut plus M. Trudeau, c’est avec nous que ça se passe », ajoute M. Deltell.

Bernier promet 338 candidats

Maxime Bernier se prépare à faire campagne à travers le Canada pour le scrutin du 21 octobre, mais aussi à batailler pour conserver son siège.

« Moi, ce que je dis aux Beaucerons, c’est que je suis le même gars depuis toutes ces années. Je n’ai pas changé. Je prône les mêmes idées de liberté, de responsabilité individuelle et d’entrepreneurship », dit-il.

« La seule chose qui a changé, c’est que j’ai changé de véhicule. Avant, j’étais assis dans une Lada, et maintenant, je suis assis dans une voiture plus performante, une Buick, disons », illustre le chef du PPC.

Bernier s’attend à ce que la gestion de l’offre fasse l’objet de débats en Beauce ; il s’y oppose, Andrew Scheer l’appuie. « Les Beaucerons décideront s’ils veulent un représentant de l’UPA comme député, ou un gars qu’ils connaissent depuis des années. »

Selon lui, son jeune parti sera en mesure de présenter des candidats dans les 338 circonscriptions du pays.