(Québec) L’ex-sénatrice Céline Hervieux-Payette affirme que le voile islamique n’est pas un symbole «comme [nos] grand-mères qui mettent un chapeau pour aller à la messe». Il partage plutôt ses origines avec des pratiques plus violentes, comme le mariage forcé et l’excision, a-t-elle dit.  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Mme Hervieux-Payette, qui témoignait jeudi à l’Assemblée nationale dans le cadre des consultations du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, a cité en exemple une auteure originaire de Somalie, Ayaan Hirsi Ali, qui a fui un mariage forcé et qui est depuis menacée de mort.

«[L’auteure] dit que le voile c’est un détail, mais ce qui va avec, c’est l’excision, le mariage forcé à 14-15 ans. […] On doit comprendre qu’on s’attache à un détail, alors que ce qui est derrière [le voile] est beaucoup plus important», a dit l’ex-sénatrice.  

AP

Ayaan Hirsi Ali a obtenu l'asile politique aux Pays-Bas en 1992, avant d'y entamer une carrière politique, une dizaine d'années plus tard.

Selon elle, même les femmes musulmanes québécoises qui portent le voile ne sont pas entièrement libres, puisqu’elles subissent des pressions sociales de leur communauté pour le faire.  

«La minute qu’on le met, c’est qu’on accepte tous les préceptes de cette religion. Ce n’est pas une blague. Si on se bat comme ça sur la rue pour ce symbole, c’est qu’il a une signification», a dit Mme Payette.  

Un témoignage qui choque

Le témoignage de Céline Hervieux-Payette, qui était présente à Québec avec le groupe des juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l’État, a choqué les parlementaires. La députée libérale Hélène David a d’abord confronté l’ex-sénatrice, lui rappelant sa responsabilité à titre de personnalité publique à la plus grande prudence dans ses propos.  

En mêlée de presse, une fois les travaux de la commission chargée d’étudier le projet de loi suspendu, le ministre Simon Jolin-Barrette a aussi dénoncé la situation.

«Je ne partage aucunement ses propos et je les dénonce», a déclaré le ministre.

Questionné s’il considérait les paroles de Mme Hervieux-Payette «islamophobes», M. Jolin-Barrette a refusé de répondre en français. Une fois la question posée en anglais, il a affirmé que l’ex-sénatrice avait dit des choses «qui ne sont pas appropriées».