Maxime Bernier peut réprouver la proposition de rendre les produits menstruels gratuits pour des employés sous juridiction fédérale, mais les «attaques personnelles» auxquelles il se livre contre Mélanie Joly sont déplorables, selon sa collègue Patty Hajdu.

Mélanie Marquis
La Presse

Le Beauceron a multiplié les salves sur son compte Twitter ces dernières heures pour dire toute son indignation face à cette annonce faite vendredi dernier. Et un tweet de la ministre Mélanie Joly l’a tout particulièrement fait sortir de ses gonds.

«En tant que femme responsable, je n’ai pas de conseils […] à recevoir sur l’hygiène personnelle de votre part. Les produits menstruels sont une nécessité […] et non une question politique», écrivait l’élue montréalaise lundi.

Il a fallu peu de temps pour que le chef autoproclamé du Parti populaire lui réplique : «Madame la ministre, je me fous totalement de votre hygiène personnelle. C’est vous qui en faites une question politique en essayant d’acheter des votes avec des tampons».

PC

Mélanie Joly

Il en a rajouté une couche mardi après-midi. «Mélanie Joly : en tant que femme responsable, j’exige que le gouvernement s’occupe de mon hygiène personnelle et paie mes tampons!», a ironisé l’ancien élu conservateur.

La ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et du Travail, Patty Hajdu, l’instigatrice de la démarche, a poussé un léger soupir lorsqu’on lui a demandé de commenter les sorties du député de Beauce. «C’est typique d’un homme qui n’a pas pris le temps de réfléchir aux expériences différentes que peuvent vivre les femmes», a-t-elle lâché.

«C’est pour cela qu’on veut plus de femmes en politique. Ce n’est pas tant qu’on fait de la politique différemment. La différence, c’est le genre de défi que nous voyons de notre perspective, et les solutions que nous pouvons proposer», a argué Mme Hajdu.

La ministre n’a pas voulu dire si les propos de Maxime Bernier étaient sexistes. Elle s’est contentée de dire que «les attaques personnelles ne devraient pas faire partie du discours politique».

PC

Maxime Bernier

Le député québécois s’en est aussi pris à son ancienne collègue conservatrice Michelle Rempel, qui a signalé lundi qu’elle voyait plutôt d’un bon œil la proposition faite par la ministre Hajdu.

Cette dernière a souligné en entrevue à La Presse que son idée ralliait beaucoup de libéraux. Le premier ministre Justin Trudeau lui a donné raison en quittant le boulot, hier soir.

«C’est une question d’égalité des genres», a-t-il offert au micro de CTV.

«50% de notre population a besoin de produits menstruels sur une base régulière, et c’est la raison pour laquelle nous avons lancé des consultations», a-t-il conclu avant de s’engouffrer dans son véhicule.

Un avis d’intention a été publié samedi dernier dans la Gazette du Canada pour sonder la population sur l’idée de modifier le Code canadien du Travail afin de forcer les employeurs des secteurs sous juridiction fédérale de fournir ces produits gratuitement.

Le député Bernier a confirmé qu’il était l’auteur du tweet adressé à la ministre Joly – parfois, c’est son conseiller, Martin Masse, qui se charge de rédiger certains tweets publiés. «Oui, et je l’ai répété à la radio ce matin», a-t-il écrit à La Presse.