(Drummondville) S’il n’est pas sur la ligne de départ et s’il ne dit même pas qu’il a entamé une réflexion, Sébastien Proulx admet du bout des lèvres qu’une « petite voix » lui dit de se poser à nouveau la question sur son éventuelle participation à la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Comme le révélait La Presse dimanche, le leader parlementaire libéral, qui est aussi le seul élu de sa formation politique à l’est de Montréal, discutera ces prochains jours avec sa famille pour définir s’il sera de la course aux côtés de ses collègues Dominique Anglade et Marwah Rizqy, qui devraient officialiser leur candidature prochainement.  

« Je vais me poser la question : qu’est-ce qui est bon pour ma famille, qu’est-ce qui est bon pour moi, qu’est-ce qui est bon pour le Parti libéral ? », a dit M. Proulx, dimanche, à son arrivée à la dernière journée du conseil général libéral à Drummondville.  

Associé à l’aile nationaliste du Parti libéral, notamment favorable au compromis Bouchard-Taylor dans le débat sur la laïcité, l’ex-ministre de l’Éducation espère que la course à la direction de son parti représentera tous les courants de pensée présents dans la société québécoise.  

« Je suis un courant de pensée plus nationaliste que certains, je suis un courant de pensée qui veut un Québec très affirmatif, un Québec qui prend des positions assez claires et franches et qui veut se rappeler de son histoire, défendre sa culture et sa langue », a-t-il dit.  

Barrette souhaite un virage nationaliste 

L’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’a pour sa part toujours pas arrêté sa décision sur une éventuelle participation à la course à la direction du PLQ. Mais comme la veille, a-t-il affirmé, « je ne peux pas vous dire que je sens une vague qui me transporte vers l’hôtel du pouvoir libéral. »

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Gaétan Barrette

En marge d’une plénière sur l’identité, samedi, l’ex-ministre Pierre Moreau – que plusieurs militants souhaitaient voir se lancer dans la course – a affirmé que son parti ne doit « pas essayer de s’éloigner des fondements pour obtenir des gains à court terme ». À ses yeux, donc, le compromis Bouchard-Taylor (que privilégient des députés comme Gaétan Barrette, Dominique Anglade et Sébastien Proulx) ne doit pas être envisagé.  

« Quand on dit que c’est dans notre ADN [de défendre les libertés individuelles], je [réponds] de faire attention avec cette métaphore. L’ADN, c’est quelque chose d’évolutif. Quand on n’évolue pas, la nature nous réserve de moins bonnes surprises », a dit M. Barrette avec une flèche visant ouvertement son ancien collègue.  

« C’est au pouvoir qu’on défend les libertés individuelles, a-t-il ajouté, et non dans l’opposition. Il est important d’avoir un discours qui nous ramène au pouvoir et le pouvoir passe par les francophones. »