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Immigration: Québec s'engage dans un bras de fer avec Ottawa

Simon Jolin-Barrette... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse canadienne)

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Simon Jolin-Barrette

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse canadienne

(Québec) Le gouvernement Legault a mis la table à des négociations ardues avec Ottawa, hier, en confirmant son intention d'accueillir 20 % moins d'immigrants l'an prochain sans avoir obtenu l'accord du gouvernement Trudeau.

Le Plan d'immigration du Québec pour l'année 2019, présenté par le ministre Simon Jolin-Barrette, vise à confirmer les engagements électoraux de la Coalition avenir Québec (CAQ). François Legault avait promis de réduire temporairement, d'environ 50 000 à 40 000, le nombre d'immigrants reçus au Québec dès l'an prochain.

Si le Plan est appliqué tel quel, les immigrants économiques - qui sont sélectionnés par Québec - passeront d'environ 30 000 à 23 450.

Le gouvernement cible dans la même proportion les immigrants sélectionnés par le fédéral, c'est-à-dire ceux qui sont accueillis en vertu du programme de réunification familiale et les réfugiés.

« Je vais livrer le plan, a résumé M. Jolin-Barrette. C'est l'engagement que les Québécois ont pris en élisant la CAQ avec une cible de 40 000 immigrants et, certainement, c'est la position du gouvernement du Québec. »

« C'est la position des Québécois et nous transmettons aujourd'hui les volontés du Québec relativement à l'immigration », a-t-il poursuivi.

Le ministre avait l'obligation légale de présenter son Plan d'immigration cette semaine. Mais il n'était toujours pas parvenu à un accord avec Ottawa pour établir les seuils.

Le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, n'a montré aucun intérêt pour une baisse du nombre d'immigrants, et il l'a réitéré hier. Il a fait valoir que le Québec était déjà aux prises avec une pénurie de main-d'oeuvre et qu'une baisse du nombre de nouveaux arrivants risquait de l'aggraver.

Son ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, s'est cependant dit prêt à poursuivre les pourparlers après le dépôt du plan hier.

« On a eu des discussions avec le gouvernement du Québec depuis plusieurs semaines à cet égard-là, a dit M. LeBlanc. Nous sommes déçus cependant que le gouvernement, face à la pénurie de main-d'oeuvre, ait décidé de réduire le nombre d'immigrants. »

Rouvrir l'accord de 1991 ?

L'Accord Canada-Québec relatif à l'immigration, signé en 1991, prévoit que la province doit « recevoir un pourcentage du total des immigrants reçus au Canada égal au pourcentage de sa population par rapport à la population du Canada ».

Cette disposition de l'entente risque de placer le gouvernement caquiste en porte-à-faux avec Ottawa. M. Jolin-Barrette affirme cependant qu'il ne sera pas nécessaire de rouvrir l'entente.

Il a souligné à gros traits le caractère « temporaire » de la mesure, sans toutefois préciser quand un gouvernement caquiste comptait rehausser les seuils. La mesure vise à améliorer l'intégration et la francisation des nouveaux arrivants, en plus de faciliter leur entrée sur le marché du travail.

« Ce plan est écrit à l'encre du courage, le courage de faire face à une réalité ignorée par ceux qui nous ont précédés, soit celle de mettre de l'avant les mesures nécessaires pour assurer le succès du plus grand nombre d'immigrants au sein de la société québécoise », a résumé M. Jolin-Barrette.

Le « test des valeurs » promis en campagne électorale par la CAQ sera adopté « éventuellement », a indiqué le ministre. Et il souhaite toujours obtenir d'Ottawa le contrôle du programme de réunification familiale, tel que proposé pendant les élections.

Les partis de l'opposition ont vertement critiqué la stratégie du gouvernement Legault. Ils lui reprochent de laisser en plan les employeurs qui comptaient sur l'immigration pour combler leurs besoins en main-d'oeuvre.

- Avec la collaboration de Joël-Denis Bellavance et d'Hugo Pilon-Larose, La Presse

LES RÉACTIONS DE L'OPPOSITION

« Basé sur quelle étude, sur quelle analyse ? Encore une fois, on ne le sait pas. Et aujourd'hui, on nous propose de diminuer de manière importante la catégorie des travailleurs économiques. La seule chose qui semble claire du côté de la CAQ, c'est qu'on utilise un chiffre arbitraire qui est soutenu par une idéologie. »

 - Dominique Anglade, députée du Parti libéral

« Ce que les Québécois veulent, c'est une meilleure intégration des immigrants. Si on en reçoit 40 000, mais que la situation ne change pas, que les immigrants ont toujours de la difficulté à se trouver un emploi sur le marché du travail, qu'ils ont toujours de la difficulté à prendre des cours de français, [ce] n'est rendre service à personne. »

 - Catherine Fournier, députée du Parti québécois

« Il y a une forme d'illogisme dans la prise de position de François Legault. D'un côté, lui-même a reconnu que le manque de main-d'oeuvre aurait un impact sur l'économie, un ralentissement économique, de l'autre côté, il nous dit qu'il est prêt à activer ce ralentissement en diminuant l'entrée de nouveaux arrivants au Québec. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. »

 - Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire




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