Il n'y a pas que les électeurs qui se désintéressent de la campagne électorale. Le recrutement des candidats a été plus difficile cette année que lors du dernier scrutin. Le Parti vert n'a pas trouvé de volontaires pour défendre ses couleurs dans près du tiers des circonscriptions de la province et les femmes seront encore globalement sous-représentées.

Violaine Ballivy
Violaine Ballivy LA PRESSE

Le 8 décembre, le choix offert aux électeurs québécois sera l'un des plus limités depuis que la province a été divisée en 125 circonscriptions, en 1989. Au terme de la période officielle des mises en candidature, le Directeur général des élections a approuvé samedi après-midi 651 dossiers, soit 29 de moins qu'en 2007.

 

Ce faible score est presque entièrement attribuable au net recul du Parti vert du Québec. Il y a deux semaines encore, le PVQ affirmait que les électeurs de toute la province seraient en mesure d'appuyer ses idées le jour du scrutin. La réalité sera tout autre puisque 65 circonscriptions seront orphelines de candidat vert.

«Nous sommes victimes du désabusement qui touche tous les Québécois, a expliqué samedi le porte-parole des verts, Ian Fabi. Les gens ne veulent pas de cette campagne déclenchée trop tôt par Jean Charest, et nos partisans n'étaient pas aussi motivés qu'à leur habitude.»

Les verts blâment aussi Stephen Harper. «Une partie de nos militants ont participé à la campagne fédérale. Il leur restait moins d'énergie pour celle-ci, leurs ressources n'étaient pas toutes fraîches.»

«Quinze jours, c'est très court pour trouver des candidats et amasser les 100 signatures nécessaires», a noté Françoise David, de Québec solidaire. Son parti a également échoué dans sa tentative de présenter des candidats partout au Québec, mais dispose d'une franche longueur d'avance sur les verts avec 122 candidats, soit un seul de moins qu'en 2007.

L'ADQ, le Parti québécois et le Parti libéral figureront sur tous les bulletins de vote distribués de Val-d'Or à Matane, avec 125 candidats chacun. Trente personnes se présentent à titre d'indépendants.

Des candidates rares

Cette année encore, les femmes ont été très peu nombreuses à sauter dans l'arène politique et il est fort peu probable que l'Assemblée nationale sera composée à part égales de députées et de députés après ce scrutin. Comme en 2007, elles ne représentent que 31% de toutes les mises en candidature retenues.

L'ADQ est le plus masculin des grands partis, ne proposant que 25% de candidates. Le Parti libéral et le Parti québécois sont quasi à égalité, avec respectivement 40 et 39 candidates. À l'extrême opposé, les hommes sont minoritaires à Québec solidaire!

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, s'est dite très inquiète de ce bilan et elle craint une baisse du nombre d'élues au lendemain du scrutin. «Ce portrait est loin d'être séduisant. On peut guère espérer mieux qu'une stagnation.»

Le fait que les partis aient été pris de court par le déclenchement hâtif des élections pourrait expliquer la situation. «Cela prend souvent plus de temps et d'énergie pour convaincre une femme qu'un homme de se lancer en politique. Mais si Québec solidaire a été capable de le faire, tous les autres auraient dû réussir aussi», relève Mme Asselin.