Après plus de 80 départs dans toutes sortes de compétitions internationales, dont deux Jeux olympiques, Philippe Marquis, 29 ans, aurait pu rentrer chez lui la tête haute et prendre soin de la blessure à un genou subie durant un entraînement quelques semaines avant les Jeux de PyeongChang en 2018.

Mis à jour le 20 janv. 2019
MARIE-CLAUDE LORTIE LA PRESSE

Mais le skieur acrobatique comptait encore quelques descentes dans son coeur. Une histoire inachevée. 

Il a donc choisi de se faire opérer pour faire réparer ce ligament croisé antérieur. Il a passé l'été à récupérer, à faire de la physiothérapie, à s'entraîner doucement.

Puis, en octobre dernier, en Suisse, après des mois de récupération plus difficiles qu'il ne l'avait envisagé au départ, et plus récemment, en décembre, dans l'Ouest canadien, notre personnalité de la semaine est remontée sur ses skis. « J'ai couru après la neige », raconte l'athlète.

Il fallait, explique Marquis, réapprendre à ses muscles, aux jambes, à refaire ce qu'elles avaient si bien su faire, retrouver les bons « feelings », repartir sur la bonne voie.

« C'est en octobre que j'ai vu la lumière au bout du tunnel. Mais en chemin, j'en avais appris vraiment beaucoup plus sur moi, mes limites, ma résilience. » 

- Philippe Marquis

L'athlète croit que les défis l'ont fait évoluer pour le mieux.

La semaine dernière, il a pris part à la Coupe du monde de Calgary. Il a terminé 18e. Une victoire sur l'adversité.

Une équipe dévouée

Comme toujours, ses parents, une mère infirmière et un père orthopédiste, lui ont été de bon conseil à travers cette épreuve, ce spectaculaire retour, presque un an jour pour jour après sa blessure. Et ce n'est pas une seule personne, mais toute une équipe de gens dévoués autour de lui que l'athlète remercie pour les soins, les appuis, les encouragements, qui lui ont permis de remonter la pente. 

Il y a sa chirurgienne orthopédiste, la Dre Marie-Ève Roger, à l'hôpital Enfant-Jésus, « d'une écoute extraordinaire ». Il y a les physiothérapeutes, ses entraîneurs, tous les membres de sa famille, ses proches, ses amis... Tous ces gens qui ont cru en lui quand l'avenir était sombre, convaincus que si le skieur voulait encore skier, il fallait l'appuyer jusqu'à sa prochaine piste.

Originaire de la région de Québec, Philippe Marquis a grandi dans une famille de skieurs qui passait ses hivers à la station Stoneham. « On avait un chalet face aux pentes », raconte le sportif qui a grimpé sur des planches alors qu'il était encore presque bébé.

Donc la neige faisait partie du quotidien, les pentes étaient dévalées en rafales, les bosses ne faisaient peur à personne.

Cadet de trois enfants, Philippe est tout jeune quand il commence, avec une admiration sans bornes, à scruter les faits et gestes de son frère Vincent, de cinq ans son aîné, un casse-cou du ski acrobatique. Vincent commence la compétition, trace la voie et se rend aux Jeux de Vancouver en 2010. Pour le petit dernier, c'est « mon modèle, mon idole », raconte le jeune Marquis. C'est ainsi que naît la passion qui va le conduire lui aussi sur la scène internationale, notamment en Coupe du monde, en Championnats du monde, aux Jeux de Sotchi en 2014 et de PyeongChang en 2018. Philippe est actuellement membre de l'équipe canadienne pour la 12e année et il a récolté, au fil des ans, une bonne douzaine de médailles.

Mais cette carrière n'aurait pas été complète s'il n'y avait eu ce retour, cette année, ces ultimes compétitions avec un genou réparé. Et le Championnat du monde en février, à Park City dans l'Utah, son principal objectif.

Le chant du cygne

À la fin de cette saison, en revanche, le plan est bel et bien déjà tracé, précise Philippe Marquis sans équivoque. Il tirera sa révérence. « C'est vraiment un dernier tour de piste », dit le skieur. « En avril, je serai un retraité. »

Et quels sont ses plans pour la suite des choses ?

Il y en a plusieurs. Tout d'abord, l'athlète entend terminer un baccalauréat en administration déjà amorcé grâce à la TÉLUQ, l'université à distance du réseau de l'Université du Québec. Ensuite, il pense à faire de l'entraînement, à guider des groupes de skieurs, à se frotter au monde des médias. 

Mais une chose est claire, c'est que tout ça tournera encore et toujours autour du ski. « C'est certain, dit l'athlète, je veux rester dans le sport. »

Philippe Marquis en quelques choix

Un film ? 

Good Will Hunting

Un livre ?

L'alchimiste de Paulo Coelho

Un personnage historique ? 

Nelson Mandela

Un personnage contemporain ?

Le prince Harry

Une phrase ?

Keep Fighting.

Quelle cause te ferait descendre dans la rue pour manifester et qu'écrirais-tu sur ta pancarte ? 

« L'accessibilité au sport et les jeunes, et j'écrirais : "Quand les enfants jouent, le monde entier est gagnant !" »