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Personnalité de la semaine: Laurence Vincent-Lapointe

L'athlète Laurence Vincent-Lapointe... (Photo FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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L'athlète Laurence Vincent-Lapointe

Photo FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Trois fois médaillée d'or aux derniers championnats du monde de canoë, tenus il y a deux semaines, Laurence Vincent-Lapointe vise maintenant les Jeux olympiques de 2020. Elle est notre personnalité de la semaine.

Laurence Vincent-Lapointe est l'athlète canadienne la plus titrée en championnats du monde. À 26 ans, elle a 13 médailles d'or autour du cou. Son sport : le canoë, une discipline qui accueille officiellement les femmes depuis à peine 2009 et dont le volet féminin se prépare, enfin, à entrer aux Jeux olympiques en 2020 à Tokyo.

Ses trois dernières médailles, elle les a gagnées il y a deux semaines aux championnats du monde de Montemor-o-Velho, au Portugal. Elle a gagné au 200 m, au 500 m avec une coéquipière, Katie Vincent - qui n'est pas sa soeur. Et elle a remporté la première place au 5000 m.

Notre personnalité de la semaine, originaire de Trois-Rivières, une grande blonde de près de 6 pieds - 1,80 m -, a commencé à pratiquer le canoë à l'âge de 12 ans. « J'avais passé l'âge des camps de jour et mes parents m'ont dit de me trouver une activité pour ne pas passer mes journées devant un écran », raconte-t-elle en entrevue.

Une amie s'était inscrite dans un club de canoë. Laurence a choisi de la suivre. 

Mais cette entrée dans le sport n'a pas été facile.

Pendant deux ans, l'adolescente a pratiqué la rame sans parvenir à rester parfaitement stable dans son embarcation. Sa grande taille lui rendait la tâche plus difficile que pour ses coéquipières. Pendant deux ans, donc, elle a perdu l'équilibre et s'est retrouvée dans l'eau. « Chaque fois, je chavirais, c'était systématique », raconte-t-elle. 

Sauf que les lois de la gravité et les eaux du Saint-Maurice ne savaient pas à qui elles avaient affaire : une personne incroyablement déterminée qui avait décidé de les dompter. « Je suis pas mal entêtée », dit-elle avec un sourire contagieux. 

Et finalement, à 14 ans, en 2006, elle a réussi à se stabiliser.

À partir de ce moment-là, sa taille, et donc sa force, est devenue un atout. « Et, dit-elle, je me suis vraiment améliorée, et vraiment rapidement. »

En 2007, elle a fini sixième aux championnats provinciaux et, trois semaines plus tard, sixième aux championnats canadiens. En 2008, elle partait pour les Jeux panaméricains.

À 16 ans, elle faisait maintenant partie des incontournables du sport au Canada 

En 2009, les femmes ont été enfin (!) admises dans les grandes compétitions internationales. En 2010, elle a participé pour la première fois à une Coupe du monde, s'est qualifiée. Et « à partir de là, j'ai pratiquement tout gagné », dit-elle, au sujet de tous les événements auxquels elle participe. Sauf en 2012, où elle a décroché l'argent dans une Coupe du monde plutôt que l'or, et en 2015, où elle a fini quatrième aux championnats du monde.

« J'ai 13 titres de championne du monde », dit-elle. 

Et les Jeux olympiques ? Elle se prépare à y aller en force en 2020, car les femmes ont finalement été acceptées. 

Et les études à travers tout ça ?

Laurence rêve d'être médecin. Pourquoi ? « J'aime le côté "réparer". Et je rêve d'être chirurgienne depuis que je suis haute comme ça », dit celle qui vient d'une famille pas du tout médicale. Sa mère est en finance et son père entrepreneur, alors que sa soeur est musicienne. Le seul message que ses parents lui ont lancé, dit-elle, c'est pas mal : « On veut que tu fasses de quoi. »

Pour le reste, tout fut son choix.

Voilà donc six fois qu'elle fait une demande d'admission en médecine. La dernière fois, elle s'est retrouvée 12e sur la liste d'attente, une place qui normalement lui aurait permis d'entrer, dit-elle. Mais pas cette année-là. 

En attendant, elle a fait un bac en sciences biomédicales à l'Université de Montréal, et maintenant, elle est inscrite en sciences infirmières à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Sauf que son entraînement pour Tokyo est prioritaire d'ici l'été 2020. 

Mais elle n'a pas laissé tomber l'idée de se lancer dans des études de médecine et une carrière ensuite. « J'ai passé deux années à chavirer, je pense que c'est clair que je n'abandonne pas ! »

LAURENCE  VINCENT-LAPOINTE EN QUELQUES CHOIXUn film

Prisonnier du temps, un film adapté du best-seller de Michael Crichton. « Mais j'aime aussi l'action et le fantastique des films de Harry Potter, j'aime son univers. »

Un livre

« Parmi mes livres préférés, il y aura toujours la série des Tara Duncan que j'ai lus quand j'étais enfant », dit Laurence. Aujourd'hui : La roue du temps de Robert Jordan.

Un personnage historique

Thérèse Casgrain. « Je suis tellement moi aussi dans ce genre de bataille pour le droit des femmes, avec mon sport qui n'est toujours pas aux Jeux olympiques. »

Deux personnages contemporains

Kim Boutin, la patineuse triplement médaillée aux Jeux de PyeongChang, qui a reçu des menaces de mort de fans d'une vedette sud-coréenne concurrente. « Je l'admire parce que malgré l'adversité, elle a réussi à tenir son bout et à avoir des performances incroyables. » Et la rameuse Sheila Kuyper, qui s'est battue pour la reconnaissance du canoë féminin. « Dans mon sport, elle a fait bouger les choses. Elle, elle a dit : "Les femmes, ça peut ramer." Moi, je l'ai ensuite montré. »

Une phrase clé

« "Ne jamais abandonner." C'est le principe que j'ai suivi toute ma vie. »

Une cause qui te ferait descendre dans la rue ?

« L'égalité dans le sport, bien sûr. Et j'écrirais sur ma pancarte : "Arrêtez de nous dire qu'on ne peut pas." »




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