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Jules Barrière: le magistrat humanitaire

Durant sa carrière d'avocat et de juge, Jules Barrière a... (Photo archives Le Droit)

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Durant sa carrière d'avocat et de juge, Jules Barrière a instauré une tradition d'engagement social qui se poursuit encore en Outaouais.

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Florence Tison

Collaboration spéciale

La Presse

Jules Barrière n'était pas qu'un magistrat. Il était surtout un homme, un grand: un homme qui aide son prochain. Durant sa carrière d'avocat et de juge, Jules Barrière a instauré une tradition d'engagement social qui se poursuit encore en Outaouais. Il nous a quittés le 22 mai à l'âge de 79 ans.

Cadet d'une famille de sept enfants, Jules Barrière quitte Montréal pour étudier le droit à l'Université d'Ottawa. Admis au Barreau en 1961, il amorce une carrière d'avocat généraliste dans le district de Hull.

Dès le début de sa carrière, Jules Barrière se démarque par son don de soi. Il arrive même au jeune avocat d'offrir gratuitement ses services aux gens démunis devant faire face à la justice.

«Il n'a jamais refusé d'aide à personne, indique son fils Louis Barrière. Il faut comprendre qu'il était en pratique privée et père de famille. À l'époque, il avait même accepté comme honoraires une motocyclette et une table de billard. Il prenait ce que ses clients pouvaient lui donner, et même parfois, il ne prenait rien!»

La Loi sur l'aide juridique

Dans les années 60, le système actuel d'aide juridique n'existait pas au Québec. «C'était plus restrictif, note Louis Barrière. Les gens n'avaient pas le choix de prendre un avocat de l'aide juridique. L'idée, c'était d'étendre ça aux avocats privés.»

Jules Barrière rédige alors la Loi sur l'aide juridique aux côtés de Robert Sauvé. Ce dernier, d'ailleurs, donnera le nom de Me Barrière au prix récompensant une contribution exceptionnelle à la promotion des droits des démunis, un honneur que remportera Jules Barrière six mois avant son décès.

La loi entre en vigueur en 1972. Jules Barrière est alors le premier directeur du Centre communautaire juridique de l'Outaouais (CCJO), charge qu'il occupe jusqu'à sa nomination comme juge à la cour provinciale en 1981.

«Quand il a été nommé juge, se souvient son fils Louis, il ne pouvait plus s'engager personnellement dans la communauté, ce qui l'attristait. Il recevait parfois des appels pour de l'aide ou des conseils; ça le tiraillait.»

Grâce à son exemple, la tradition humanitaire perdure toutefois au CCJO. «Une avocate lui a dit que ce qu'elle retenait de lui, c'était son engagement social, pas juste le travail d'avocat», souligne fièrement Louis Barrière.

Jules Barrière prend sa retraite en 2000, mais demeure juge suppléant encore neuf ans, jusqu'à ce que la loi l'oblige à quitter ses fonctions pour de bon. La retraite d'un juge est obligatoire à 75 ans.

«Il aurait voulu continuer, croit son fils Louis. À peine quelques mois plus tard, on a appris qu'il avait un cancer de la prostate. La guérison n'était pas possible. Mon père était fort, il ne voulait pas abandonner. Encore ce printemps, il parlait d'aller jouer au golf!»

Jules Barrière laisse dans le deuil ses trois enfants Yves, Sylvie et Louis, ainsi que son épouse Bernadette, avec qui il allait sous peu célébrer 57 ans de mariage.

Outre son humanisme, il laisse en souvenir les vitraux qu'il créait avec sa femme et qu'ils signaient Jubé, pour Jules et Bernadette. On peut en admirer neuf à l'église Saint-Médor, à Gatineau.




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