Dans sa carrière, Albert «Kojak» Lisacek s'est retrouvé en travers du chemin du FLQ, de Richard Blass, de Jacques Mesrine, de Monica la mitraille et de Frank Cotroni. L'ancien policier de la Sûreté du Québec a déjà avoué à un hebdomadaire qu'il n'aurait jamais cru atteindre ses 50 ans. Il a finalement été emporté par un cancer le 20 novembre, à l'âge de 79 ans.

Nathalie Côté, collaboration spéciale LA PRESSE

Six pieds deux pouces, le crâne rasé, la mitraillette à la main, Albert Lisacek en imposait. Des journalistes l'avaient même coiffé du titre de policier le plus dur au Canada. «Si j'étais policier de nos jours, je me ferais mettre à la porte dès la première journée, a-t-il raconté à la Revue de Terrebonne, en 2008. Dans les années 60 et 70, je faisais mes propres lois et je travaillais à ma manière. Pour moi, c'était la seule méthode efficace. Elle m'a apporté un respect dans les milieux policier et criminel, mais aussi des menaces de mort. Ça ne m'a jamais effrayé.»

Marcel Ste-Marie, un de ses premiers patrons à la Sûreté du Québec, se souvient combien M. Lisacek faisait trembler les criminels. Il raconte en riant avoir entendu des enquêteurs menacer des suspects de l'appeler en renfort pour les interroger. C'était suffisant pour les convaincre de se mettre à table.

Son ancien patron estime toutefois que la réputation de M. Lisacek était «un peu surfaite». «C'était un gars qui parlait fort. Il était gros et grand, mais il n'était pas violent», assure-t-il. Il le décrit comme un bon policier «très passionné par son travail».

Événements marquants

On se souvient notamment de lui pour le rôle qu'il a joué durant la crise d'Octobre, en 1970. Présent lors de la découverte du corps du ministre Pierre Laporte, il a aussi assisté à l'arrestation des frères Rose.

«Paul Rose avait indiqué qu'ils refuseraient de sortir tant que Lisacek serait dans la maison», se rappelle M. Ste-Marie. Selon lui, M. Lisacek avait eu une «divergence d'opinions» avec la famille Rose pendant une perquisition précédemment. Durant le procès, Jacques Rose lui a d'ailleurs assené un coup de poing au visage.

Par ailleurs, M. Lisacek était aussi présent lorsque le criminel Richard Blass a été criblé de balles en janvier 1975. «Il a souvent laissé planer le doute quant à son rôle dans cette affaire. Plusieurs journalistes ont longtemps été convaincus qu'il avait tué Richard Blass. Mais ce n'est pas lui du tout», affirme M. Ste-Marie.

Les funérailles de M. Lisacek ont eu lieu le 1er décembre à l'église Saint-Henri de Mascouche.