(Ottawa) Les manifestations organisées à Ottawa au cours de la fin de semaine et qui ont seulement causé des perturbations minimes étaient bien loin de ressembler aux manifestations du « Convoi de la liberté » qui ont occupé les rues du centre-ville pendant trois semaines plus tôt cette année.

Publié le 4 juillet
Erika Ibrahim La Presse Canadienne

Ces manifestations ont vu des véhicules bloquer les rues ainsi que l’installation d’une plate-forme de haut-parleur sur la rue Wellington en face de la colline du Parlement, alors que les manifestations du week-end dernier ont donné lieu à des mesures telles que des contrôles de sécurité pour visiter la colline et l’interdiction de circuler dans le secteur.

Quelques centaines de personnes ont défilé dans le centre-ville pour exprimer leur opposition au gouvernement fédéral et aux restrictions de santé publique, tandis que des milliers de personnes ont afflué dans les rues d’Ottawa pendant l’hiver.

Le directeur du département de sociologie de l’Université Western, Howard Ramos, a mentionné que le contexte de la manifestation du week-end dernier était différent, alors qu’au cours de l’hiver, il y a eu une « tempête parfaite d’amplifications », y compris des députés conservateurs, des personnes sur les réseaux sociaux et une couverture médiatique grand public.

M. Ramos a soutenu que le Service de police d’Ottawa et la sécurité parlementaire ont tiré des leçons des manifestations hivernales, comme en témoigne le fait que les véhicules n’ont pas pu se rapprocher aussi près du Parlement qu’ils l’ont fait par le passé.

Catherine McKenney, qui siège au conseil municipal de Somerset Ward a déclaré dans une entrevue que la fin de semaine dernière était unique en son genre, car c’était la fête du Canada, de sorte que la Ville ne s’attendait pas seulement à voir des manifestants, mais savait aussi que des milliers de personnes profiteraient de la fête.

« Donc, la menace de tout type d’affrontement me préoccupait énormément, inquiétait énormément mes collègues », a dit Catherine McKenney.

Les agents des règlements municipaux qui donnaient des constats d’infraction étaient également essentiels au maintien de l’ordre, a déclaré Catherine McKenney, étant donné que les gens ne sont pas autorisés à installer des tentes, des haut-parleurs ou des structures sans permis.

« La réponse (de la police) autour de ces aspects était essentielle pour garantir que nous n’avions pas de concerts de minuit sur la rue Wellington, que nous n’avions pas de scènes aménagées, et pas même des tables installées là où il y avait ce point central pour se rassembler », a indiqué Catherine McKenney.

Une présence policière accrue

Les réactions des résidents ont été globalement positives, mais le nombre important de policiers armés a un peu surpris les gens, a déclaré McKenney. « Nous n’y sommes tout simplement pas habitués. »

Un équilibre doit être trouvé entre la sécurité de la communauté et la présence accrue de policiers, estime Catherine McKenney. Cela contraste avec le mois de février lorsque les résidents « suppliaient » la police d’entrer dans des quartiers résidentiels qui étaient « essentiellement anarchiques », et alors que le mouvement autour du « Convoi de la liberté » commençait à se dissiper quelque peu.

Interrogé sur ce que la police d’Ottawa pensait avoir fait différemment cette fois-ci, le service a souligné dans un communiqué les notes d’allocution du chef de la police par intérim Steve Bell du 27 juin.

La police avait recueilli des renseignements, s’était entretenue avec les organisateurs et avait observé les commentaires en ligne, a-t-il dit, ajoutant que le service avait adopté « une posture améliorée et étendue » qui a commencé bien avant la fête du Canada et s’est prolongée « bien après » pour s’assurer qu’il protégeait correctement la ville.

« La planification, le déploiement et la réponse robustes de la police ont permis de relever les défis posés par cet évènement majeur et les manifestations », a déclaré un porte-parole de la police. Aucune estimation des coûts pour le maintien de l’ordre lors du week-end n’est encore disponible.

La Ville d’Ottawa a travaillé en étroite collaboration avec la police d’Ottawa et d’autres partenaires policiers dans la mise en œuvre d’un plan de sécurité publique, qui comprenait la gestion de la circulation et l’application de tous les règlements municipaux applicables, a déclaré dans une déclaration Kim Ayotte, directrice générale des services d’urgence et de protection de la Ville.

La Ville a également communiqué avec les résidents par divers canaux avant et pendant la fin de semaine de la fête du Canada, a précisé Mme Ayotte.

La situation n’est pas sans rappeler la gestion de la manifestation « Rolling Thunder » à la fin du mois d’avril, lorsque la police d’Ottawa a fait appel à plus de 800 renforts de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et d’autres forces policières pour l’aider, notamment en bloquant des sorties d’autoroute et des rues du centre-ville pour empêcher la formation d’un campement. Cet évènement a coûté entre 2,5 et 3 millions de $ à la police.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.