(Abbotsford) La ministre fédérale de l’Agriculture a visité une ferme avicole dévastée par les récentes inondations en Colombie-Britannique. Elle s’est dite impressionnée par les membres des communautés qui ont trouvé la force de s’entraider alors que leur propre vie était touchée.

Publié le 10 déc. 2021
La Presse Canadienne

Marie-Claude Bibeau a visité la ferme avec la ministre de l’Agriculture de la Colombie-Britannique, Lana Popham.

« Cela a affecté leurs animaux, cela a affecté leur propre maison, leur famille et leurs communautés », a indiqué la ministre Bibeau.

« Donc, c’est toute la communauté qui était touchée et même si elle est touchée directement, elle trouve quand même la force de s’entraider. C’est très impressionnant ».

« Et nous avons vu et entendu les histoires des agriculteurs qui sont encore, d’une certaine manière, au cœur de cette urgence, a-t-elle dit. La perte qui a été ressentie est très profonde. »

Une série de « rivières atmosphériques » à la mi-novembre a forcé des milliers de gens à quitter leurs maisons et au moins quatre personnes sont mortes.

Environ 630 000 poulets, 420 bovins et 12 000 porcs ont péri dans la prairie de Sumas, tandis que plus de 6000 vaches laitières ont été transportées des fermes touchées vers d’autres lieux afin de les placer à l’abri des inondations.

Mme Popham a indiqué que la dévastation a pu démontrer la nécessité et l’importance d’un partenariat fédéral afin d’assurer le soutien des agriculteurs qui ont nourri les Canadiens pendant des années.

Les deux ministres ont affirmé que leur visite dans la région leur a permis de comprendre directement la situation et les priorités.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER DE MARIE-CLAUDE BIBEAU

Les deux ministres ont survolé la vallée du Fraser pour constater les dégâts.

« Nous avons toutes les deux entendu l’engagement des gens qui sont littéralement debout dans la boue et qui veulent simplement trouver un moyen de pouvoir reconstruire et de retourner à ce qu’ils aiment », a déclaré Mme Popham.

Mme Bibeau a ajouté que les fonctionnaires ont eu de nombreuses conversations avec les agriculteurs et leurs familles pour identifier les lacunes et trouver des moyens afin de répondre aux besoins les plus immédiats, tout en déterminant comment leur venir en aide dans le futur.

« L’évaluation, nous ne pouvons pas la faire du jour au lendemain, nous allons continuer à travailler ensemble avec la communauté pour fournir le soutien qui est nécessaire », a dit Mme Bibeau.

Pénurie d’aliments pour le bétail

Les producteurs laitiers étaient déjà confrontés à un avenir difficile, car beaucoup d’entre eux n’avaient pas assez de nourriture pour leurs bêtes en raison des vagues de chaleur record de la Colombie-Britannique cet été.

Gary Baars, qui possède une ferme laitière dans la région de Sumas, près d’Abbotsford, a soutenu que l’effet combiné des incendies, de la chaleur, des inondations et de l’inflation a réduit les marges bénéficiaires.

« Les prix du foin sont élevés partout », a-t-il dit. « Je continuais à penser que c’était passager, mais entre l’inflation, l’augmentation des prix des engrais et du carburant et le manque d’approvisionnement, il va y avoir une grave pénurie d’aliments pour les bêtes ».

M. Baars a ajouté que plusieurs personnes dans l’industrie laitière ont beaucoup de dettes et que la dernière année a été difficile pour les agriculteurs.

La vice-présidente de l’Association des producteurs de lait de la Colombie-Britannique, Sarah Sache, a affirmé que la préoccupation de M. Baars est surveillée par son organisation.

« Cela va être un tournant pour certaines fermes si elles continuent dans l’industrie », a-t-elle précisé.

« Le fait que les agriculteurs continuent ou non leur travail dépendra probablement de l’étape de leur carrière à laquelle ils se trouvent », a ajouté Mme Sache.

Selon la ministre de l’Agriculture de la province, trouver des aliments appropriés pour le bétail aura également un impact important sur les moyens de subsistance des agriculteurs.

Mme Popham a fait remarquer que les agriculteurs de la prairie de Sumas avaient peu de réserves d’aliments pour leurs bêtes et qu’un grand nombre de ces réserves ont été endommagées par les inondations.

« La question des aliments pour les bêtes va être un grand défi pour toute l’industrie », a-t-elle dit.