(Vancouver) Un avocat de Meng Wanzhou, la dirigeante de Huawei qui est menacée d’extradition vers les États-Unis, a soutenu lundi qu’il y avait des preuves montrant que le dossier contre elle était « manifestement peu fiable » et il a demandé au tribunal que ces preuves soient admises à l’audience sur le fond, en mai prochain.

La Presse Canadienne

L’avocat Frank Addario a déclaré en Cour suprême de la Colombie-Britannique que les courriels entre le personnel du géant des télécommunications et la banque internationale HSBC montrent que l’institution financière était bien consciente que Huawei contrôlait une autre société appelée Skycom — donc que Mme Meng ne pouvait pas être tenue responsable d’une éventuelle violation par la banque des sanctions américaines imposées à l’Iran.

Me Addario a soutenu lundi que le personnel de la banque HSBC savait que Skycom avait été vendue à Canicula, que Canicula était la société mère de Skycom et que Huawei contrôlait le compte Canicula.

L’avocat a donc demandé au tribunal d’admettre en preuves les déclarations sous serment, y compris les courriels et les informations de compte bancaire, afin de soutenir la thèse de la défense lors de l’audience d’extradition de Mme Meng, en mai prochain.

Mme Meng avait été arrêtée à l’aéroport de Vancouver en décembre 2018 à la demande des États-Unis, qui veulent la juger pour fraude. Les autorités américaines allèguent que la directrice financière de Huawei a déformé les relations commerciales entre le géant chinois et sa filiale Skycom, ce qui aurait pu pousser la banque d’affaires HSBC à New York à contrevenir aux sanctions contre Téhéran. Mme Meng et l’entreprise Huawei nient formellement ces allégations.

Plus tard cette semaine, ses avocats devraient plaider que l’ex-président américain Donald Trump a utilisé l’arrestation de Mme Meng pour mettre de la pression sur la Chine dans les négociations commerciales entre les deux pays, et donc qu’elle devrait être libérée.

La défense affirme que Mme Meng a été victime d’un abus de procédure, mais le procureur général du Canada croit que cet argument est invalide puisque M. Trump n’est plus en fonction.