(Victoria) Les gouvernements canadien et britanno-colombien affirment que la signature d’un protocole d’entente marquera le début d’une nouvelle relation avec les chefs héréditaires de la nation wet’suwet’en, après la résistance tumultueuse au projet de gazoduc Coastal GasLink plus tôt cette année.

Dirk Meissner
La Presse canadienne

Les chefs héréditaires, qui s’opposent à la construction de ce pipeline sur leurs territoires traditionnels, doivent tenir des cérémonies virtuelles jeudi pour signer le protocole d’entente qui avait été négocié au milieu des campements, blocus ferroviaires et manifestations à travers le pays en février.

Le document ne traite pas de l’opposition des Wet’suwet’en au gazoduc qui fait partie d’un projet de terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié de 40 milliards à Kitimat, en Colombie-Britannique. Il stipule toutefois que les gouvernements fédéral et provincial reconnaissent les droits et les titres détenus par la Première Nation en vertu de son système de gouvernance.

Le protocole fixe également des délais pour négocier sur une période de 12 mois les compétences en matière d’aménagement du territoire, de ressources et d’eau, entre autres.

Le cabinet de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a publié mercredi une déclaration selon laquelle il s’agit une étape importante pour renouer avec les Wet’suwet’en.

« C’est un engagement commun à commencer ce travail. Toute entente, une fois conclue, serait soumise à l’ensemble des Wet’suwet’en par un processus qui devrait clairement démontrer le consentement des membres de la nation. »

Le ministre provincial des Relations autochtones et de la Réconciliation, Scott Fraser, a publié une déclaration allant dans le même sens mercredi.

Il a précisé que le processus de négociation comprendra des entretiens avec les chefs élus de la nation wet’suwet’en, les nations autochtones voisines, les gouvernements locaux et d’autres acteurs concernés.

Les Wet’suwet’en sont régis à la fois par un système traditionnel de chefs héréditaires et par des conseils de bande élus.

Plusieurs chefs élus ont d’ailleurs appelé à la démission de la ministre Carolyn Bennett cette semaine, arguant que le processus pour parvenir au protocole d’entente avait été inacceptable. Ils ont demandé aux deux ordres de gouvernement de le rejeter et de recommencer le processus de négociation avec la pleine participation des élus autochtones.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, affirme qu’il ne se range pas dans le camp des chefs héréditaires en acceptant d’apposer sa signature sur un protocole d’entente que les chefs élus, eux, n’ont pu consulter que cette semaine.

En conférence de presse, M. Horgan a fait valoir que « les Wet’suwet’en doivent résoudre ceci entre eux ». « La façon dont ils se gouvernent leur revient », a-t-il déclaré.