(Ottawa) Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’en est pris aux nouvelles mesures de contrôle des armes à feu du gouvernement fédéral, affirmant qu’Ottawa devrait se concentrer sur la contrebande d’armes illégales à la frontière et sur le renforcement des peines de prison pour les crimes liés aux armes à feu plutôt que de cibler les propriétaires d’armes à feu légales.

Teresa Wright
La Presse canadienne

Vendredi, le gouvernement Trudeau a interdit une vaste gamme d’armes d’assaut, affirmant qu’elles étaient conçues pour les champs de bataille, et non pour la chasse ou le tir sportif.

Le premier ministre Justin Trudeau a également promis un programme de rachat pour tous les fusils achetés légalement qui sont visés par la nouvelle interdiction, les propriétaires se verront offrir un prix correspondant à celui du marché pour leurs armes à feu — un programme qui devrait coûter jusqu’à 600 millions.

Interrogé sur les nouvelles mesures samedi lors de sa conférence de presse quotidienne sur la COVID-19, M. Ford a déclaré qu’il préférerait voir cet argent investi dans le renforcement de la sécurité à la frontière pour empêcher les armes à feu d’être introduites illégalement au Canada.

« Je ne peux pas m’empêcher de penser que l’argent pourrait être mieux utilisé pour traquer les criminels violents et arrêter les armes illégales à nos frontières », a-t-il noté.

Selon lui, la priorité d’Ottawa devrait être de renforcer les conditions de mise en liberté sous caution et les peines d’emprisonnement pour les criminels et les membres de gangs qui commettent des crimes avec une arme à feu. Il a dit trouver « frustrant » que les délinquants armés soient souvent de retour dans les rues quelques jours après leur arrestation et que certains ne soient condamnés qu’à un an ou deux de prison.

M. Ford estime qu’il faut cesser de leur « donner une tape sur le poignet ».

Les commentaires du premier ministre ontarien contrastent avec l’approche qu’il a adoptée avec les libéraux fédéraux depuis que la COVID-19 a commencé à infecter les Canadiens et à faire des ravages dans les centres de soins de longue durée de la province.

L’adversaire autrefois très virulent de M. Trudeau et de ses politiques a collaboré avec le gouvernement libéral à Ottawa, développant une amitié de travail particulièrement étroite avec la vice-première ministre Chrystia Freeland. Cette dernière a confirmé au Toronto Star qu’elle parlait souvent avec M. Ford et qu’ils « se décrivent mutuellement comme le thérapeute de l’autre ».

M. Ford n’a pas décoché des critiques spécifiques à l’endroit du premier ministre Trudeau ou du gouvernement fédéral dans ses commentaires de samedi, et a déclaré qu’il serait disposé à travailler en partenariat avec le gouvernement fédéral sur des mesures pour mettre fin à la contrebande illégale d’armes à feu.

Cependant, il a remis en question le plan fédéral de dépenser « des centaines et des centaines de millions de dollars gagnés durement par les contribuables ».

« Pour quoi ?, a-t-il lancé. Vous croyez que la violence armée va diminuer à Toronto ? Je ne crois pas que la violence armée va diminuer à Toronto grâce au retrait des armes à feu des propriétaires d’armes acquises légalement. »