L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) réclame à Ottawa une réunion spéciale pour que les premiers ministres du Canada discutent des enjeux de territoires et de ressources qui les concernent. Le pays éviterait ainsi « le risque de devoir gérer d’autres crises » liées aux enjeux des Premières Nations.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a convoqué les premiers ministres à Ottawa, le 13 mars. Il est prévu la veille de cette rencontre que les premiers ministres rencontrent des dirigeants de l’Assemblée des Premières Nations, de l’Inuit Tapiriit Kanatami et du Ralliement national des Métis, afin de discuter de leurs priorités. La rencontre doit durer deux heures. 

Or, l’APNQL voudrait que les enjeux la concernant soient l’objet d’une réunion à part entière entre les décideurs politiques pour régler les dossiers des territoires et des ressources.

« Nous croyons que la rencontre des dirigeants du pays doit permettre l’engagement de ces derniers pour la tenue d’une réunion spéciale des premiers ministres qui porterait spécifiquement sur les enjeux des Premières Nations », déclare le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, dans un communiqué qui sera publié lundi.

L’APNQL – qui regroupe 43 chefs des Premières Nations au Québec et au Labrador – croit qu’il est urgent que les gouvernements trouvent des solutions durables afin que les Premières Nations aient un libre accès à leurs ressources, alors que « les droits, les titres et les traités dont [ils sont] titulaires sont tenus en otage par une idéologie coloniale qui les contourne systématiquement ».

« La rencontre des premiers ministres convoquée par le premier ministre Justin Trudeau ne peut pas se permettre de fermer les yeux sur le fossé qui persiste entre les gouvernements fédéral et provinciaux et ceux des Premières Nations. Les évènements des dernières semaines auront amplement démontré l’urgence d’agir et de répondre à nos enjeux », estime le chef Picard.

M. Picard interpelle le premier ministre du Québec, François Legault, et lui demande de prendre l’initiative de proposer une telle rencontre à ses homologues alors qu’ils seront tous réunis les 12 et 13 mars à Ottawa.