(Washington) Le Canada tente de vendre à l’international l’idée d’une stratégie concertée pour s’assurer que les avions de ligne du monde entier ne soient pas abattus au-dessus des zones de conflit.

La Presse canadienne

Dans un discours prononcé jeudi matin à Washington, le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a présenté sa « stratégie sur la sécurité aérienne », une initiative multilatérale, dirigée par le Canada, visant à s’assurer que les avions de passagers puissent mieux éviter un espace aérien dangereux.

Le Canada est directement interpellé par cette question depuis l’écrasement d’un appareil d’Ukraine International au début de janvier près de Téhéran, qui a tué les 176 personnes à bord, dont 55 Canadiens. On sait maintenant que l’appareil a été abattu par l’artillerie iranienne. Dans une allocution au Sommet de l’aviation, jeudi à Washington, le ministre Garneau a aussi rappelé une tragédie similaire survenue au-dessus de l’Ukraine en 2014. Deux « tragédies évitables », a-t-il dit.

L’objectif, a expliqué le ministre, est de coordonner et de partager les informations entre les pays afin d’améliorer l’évaluation des risques, de procurer des conseils pour éviter les espaces aériens dangereux et d’améliorer les protocoles et pratiques des compagnies aériennes. Le Canada souhaite établir un système qui, avec l’aide de l’Organisation de l’aviation civile internationale, établie à Montréal, pourrait éventuellement être adopté par tous les pays, en particulier dans les zones où les conflits sont plus fréquents.

« Chaque État exerce la souveraineté sur son espace aérien. Cela n’est pas contesté, a-t-il dit. Mais pour éviter une autre tragédie, nous devons gérer le manque d’uniformité. Pour remédier au manque d’uniformité dans la façon dont les règles sont appliquées, une nouvelle approche est nécessaire. »

« Pour protéger nos citoyens qui voyagent dans le réseau mondial interrelié de l’aviation, nous devons agir, et agir maintenant. »

Le ministre Garneau a indiqué que l’initiative avait le soutien des États-Unis, où l’Administration fédérale de l’aviation exploite déjà un système conçu pour tenir les pilotes et les transporteurs américains informés des risques potentiels.

En entrevue, le ministre Garneau a déclaré qu’à la suite de la tragédie du 8 janvier en Iran, le Canada avait déjà transmis deux avis aux transporteurs aériens afin qu’ils évitent l’espace aérien libyen et syrien. « Nous commençons déjà à mettre en pratique certaines des choses qui, selon nous, feront partie de la stratégie sur la sécurité aérienne. »