La police du Canadien National (CN) et la Police provinciale de l’Ontario (OPP) ont lancé un ultimatum aux Mohawks de Tyendinaga pour qu’ils démantèlent le camp installé sur le chemin de fer de Belleville avant minuit, sous peine d’accusations, rapporte la CBC.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

Les Mohawks de Tyendinga ont érigé deux barricades sur la voie ferrée, contribuant à la paralysie du transport des marchandises au pays.

« Les barricades doivent être levées », avait déclaré le premier ministre Justin Trudeau dans un point de presse fort attendu vendredi. Trudeau avait précisé que la décision d’une intervention policière reviendrait aux corps policiers qui chapeautent les juridictions où ont lieu les actions de perturbation.

Dimanche, Justin Trudeau s’est entretenu avec les premiers ministres François Legault, Doug Ford et John Horgan au sujet des blocages.

« Le premier ministre a informé les premiers ministres provinciaux des mesures prises pour répondre aux besoins primordiaux au Canada, y compris en ce qui concerne l’approvisionnement en propane, en produits chimiques nécessaires pour le traitement de l’eau potable et en produits agricoles essentiels. Nous demeurerons en communication étroite avec les provinces pour répondre aux besoins urgents, au besoin, et nous continuerons d’appuyer les efforts déployés de manière concertée pour régler la situation », a fait savoir Ottawa.

Les premiers ministres ont « réaffirmé leur engagement » envers une solution pacifique.

Une intervention qui risque l’aggravation, selon Blanchet

« Le devoir du premier ministre du Canada n’est pas de solliciter l’intervention des forces policières des provinces mais bien, au contraire, de tout faire pour l’éviter ! », a exprimé le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet.

PHOTO CHRIS WATTIE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Yves-François Blanchet est revenu sur sa « feuille de route » pour sortir de la crise, qui inclut notamment le retrait de la GRC du territoire wet'suwet'en.

« Je comprends l’impatience du CN et du premier ministre ontarien qui imposent un ultimatum, dont l’échéance est à minuit ce dimanche, aux manifestants qui obstruent la voie ferrée à Belleville. Toutefois, il y a lieu de craindre que cette tentative de sortie d’une crise que le gouvernement canadien n’a pas su gérer n’ait au contraire pour effet de l’empirer. »

Blanchet est revenu sur sa « feuille de route » pour sortir de la crise, qui inclut le retrait de la GRC du territoire wet'suwet'en, la suspension temporaire des travaux du gazoduc Coastal Gaslink, et la création d’une « table de discussion durable » pour faire la médiation entre les parties.

« Non seulement ce plan est-il de nature à faire enlever les barricades, mais il confère au gouvernement une autorité morale à laquelle il semble plutôt avoir renoncé et offre aux provinces et au Québec la meilleure chance d’éviter le recours à la force pour rétablir la circulation ferroviaire », a-t-il ajouté.

« Il n’est pas trop tard », conclut Blanchet.