Une dizaine de membres de la communauté mohawk de Kanesatake manifestaient devant les bureaux du conseil de bande mardi après-midi en réaction aux propos du grand chef Serge Otsi Simon sur la levée du blocus ferroviaire.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

L'ambiance était tendue mardi après-midi devant les bureaux du conseil de bande. Les portes de l'édifice étaient entourées d'une chaîne et d'un gros cadenas. Des affiches aux messages évocateurs directement adressés au grand chef Serge Otsi Simon étaient déposées à l'entrée. « Vous n'êtes pas la voix de Kanesatake, vous êtes une honte », pouvait-on lire sur l'un des cartons.

« Il [Serge Otsi Simon] n’a aucun leadership, fait preuve de lâcheté et ne nous représente pas », résume l’un des dix manifestants présents. L’homme qui a préféré garder l’anonymat s’est insurgé contre la façon dont la police et le gouvernement traitent la communauté Wet’suwet’en du nord de la Colombie-Britannique. Il s’exprimait ouvertement sur le manque de communication entre Serge Otsi Simon et la population de Kanesatake, remettant en question l'autorité du grand chef. Ces tensions étaient déjà bel et bien présentes avant la crise ferroviaire qui secoue le pays depuis presque deux semaines, affirme-t-il.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Plus tôt dans la matinée lors d’un point de presse à Ottawa, le grand chef Simon a appelé à la levée du blocus ferroviaire qui paralyse tout le pays, mené en soutien aux Wet’suwet’en qui s’opposent au projet d’oléoduc Coastal Gaslink.

« Ça ne voudrait pas dire que vous baissez les bras, a-t-il dit. On arrête le blocage et on maintient le dialogue. »

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Le grand chef mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Les impacts économiques sont grands et il y aurait d’autres façons de se montrer solidaires envers la Première Nation Wet’suwet’en, juge le grand chef de Kanesatake. « Notre appui aux chefs héréditaires n’est pas diminué », a-t-il ajouté.

« Il parle sans consulter la population, son avis ne nous représente pas », explique calmement Jacob Cree, installé près d’un feu de camp. « Une grande partie des gens de sa communauté considèrent que le blocus a attiré l’attention des médias sur l’enjeu du gazoduc. Nous comprenons que ces actions pacifiques dérangent et ça ne fait plaisir à personne de manifester, mais ces actions restent nécessaires pour se faire entendre. »

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le grand chef Simon a préféré ne pas donner d'entrevue afin de « tenter de calmer la situation vu les tensions avec un certain groupe de la communauté », a déclaré son attaché de presse Ian Préfontaine en fin d'après-midi.