(Québec et Ottawa) C’est au premier ministre Justin Trudeau de trouver rapidement une issue à l’impasse qui perdure entre la Colombie-Britannique et la Première Nation Wet’suwet’en et qui a des effets partout au pays, dont au Québec, a fait valoir le premier ministre François Legault.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
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« C’est à Justin Trudeau de régler le problème », a-t-il lancé en mêlée de presse. « Le problème, c’est un gazoduc en Colombie-Britannique, ça ne concerne pas le Québec, ça ne concerne pas l’Ontario, ça concerne le gouvernement fédéral et c’est à eux autres de trouver la solution », a ajouté M.  Legault.

François Legault a dit parler en son nom, mais aussi en celui du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford avec qui il s’est entretenu. Il assure que lui et son vis-à-vis ontarien s’entendent sur le fait qu’il s’agit « d’abord d’un problème du fédéral » et qu’il est nécessaire que Justin Trudeau « priorise ce dossier-là ».

M. Legault réclame par ailleurs que l’Ontario se joigne au comité de coordination Québec-Ottawa créé mercredi à la demande du ministre des Transports, François Bonnardel, afin de permettre un meilleur suivi de la situation.

Le transport ferroviaire a de nouveau été nouveau perturbé jeudi à Montréal. Le transporteur exo a notamment confirmé l’annulation de tous les départs des trains de banlieue de la ligne 4 pour la journée entre Candiac et le centre-ville de Montréal.

« Ça crée beaucoup d’inconvénients et au Québec et en Ontario. On est très préoccupé », a ajouté M.  Legault.

Trudeau intervient par voie épistolaire

Le premier ministre, qui se trouve actuellement en déplacement en Allemagne, a fait parvenir jeudi une lettre au chef de la communauté Wet'suwet'en, Norman Stephens, pour signaler que le fédéral comptait participer à une rencontre pour tenter de dénouer l'impasse.

Le gouvernement veut profiter de ce dialogue pour comprendre «comment on en est arrivé à l'impasse entourant le développement d'un pipeline, discuter de la situation actuelle, et tenter de trouver un mécanisme afin d'éviter de telles situations dans l'avenir», a-t-il signalé dans la lettre.

La ministre qui sera déléguée pour l'exercice est Carolyn Bennett, titulaire du portfolio des Relations Couronne-Autochtones, selon ce que l'on a indiqué au bureau de Justin Trudeau, jeudi, alors que le CN fermait son réseau dans l'Est du pays et Via Rail, dans l'ensemble du Canada.

Marc Miller tend la main

Quelques heures auparavant, dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, a proposé une rencontre avec les Mohawks de Tyendinaga dans un courriel qu’il a fait parvenir à trois chefs.

Essentiellement, il propose de négocier, mais seulement à condition que les barricades soient levées.

« Ma demande, que je vous prie de bien vouloir considérer, est de mettre fin à la protestation et aux barricades sur les voies ferrées dès que possible », a-t-il écrit.

« Comme vous le savez bien, cette situation est très volatile et la sécurité de toutes les personnes impliquées est de la plus haute importance pour moi », a ajouté le ministre Miller.

« J’espère que vous accepterez cette offre et que nous pourrons nous rencontrer dans un esprit de paix et de coopération, qui guideront nos relations », a-t-il formulé comme souhait dans ce courriel qu’il a ensuite publié sur sa page Facebook.

Depuis la semaine dernière, des services de trains de passagers et de marchandises au Canada sont perturbés par des opposants autochtones au projet de gazoduc Coastal GasLink, en Colombie-Britannique. Des Autochtones de partout au pays tiennent des actions similaires par solidarité.

- Avec La Presse canadienne