(Edmonton) L’ouverture prévue d’un nouveau bureau commercial de l’Alberta à Montréal n’est qu’un élément de la stratégie visant à renforcer les liens entre la province et le Québec, a souligné le premier ministre albertain Jason Kenney.

Dean Bennett
La Presse canadienne

« Nous devons comprendre que le Québec est très préoccupé par les questions environnementales. Nous devons communiquer sous cet angle, a-t-il expliqué lors d’une entrevue réalisée à Washington. Le travail de notre représentant sera de le faire à plein temps. Moi-même, je vais visiter le Québec plus souvent. »

Selon lui, l’échec du projet Énergie-Est était l’absence de leadership pour le défendre au Québec. « Nous ne voulons pas faire cette erreur une deuxième fois », a-t-il ajouté.

Même si ce nouveau bureau a ouvert ses portes dans le centre-ville de Montréal, le représentant albertain ira souvent à Québec afin d’établir des relations avec le gouvernement du premier ministre François Legault.

« Nous ferons une annonce sur ce bureau, je l’espère, au cours des prochains mois, a dit l’ancien ministre de Stephen Harper. Nous avons recruté une personne parfaitement qualifiée pour cela. C’est un Albertain originaire du Québec qui parle couramment le français et qui connaît bien nos dossiers. »

Le projet d’oléoduc Énergie-Est aurait transporté du pétrole brut albertain vers les ports et raffineries du Nouveau-Brunswick. Il a été abandonné en 2017 en raison de la grande opposition du Québec.

M. Kenney était à Montréal au début de la semaine pour annoncer ce futur bureau.

Des relations tendues

Les relations entre les deux provinces se sont refroidies encore plus lorsque M. Kenney a remis en question le système de péréquation qui, selon lui, permet au Québec de profiter de la manne pétrolière générée en Alberta.

Aujourd’hui, il dit reconnaître les préoccupations des Québécois, affirmant sa détermination à travailleur avec eux. Il applaudit l’ouverture de M. Legault sur les exportations de gaz naturel liquéfié à l’aide de matières premières de l’Alberta, faisant référence de l’appui du gouvernement québécois au projet GNL Québec.

« Le premier ministre Legault a pris une position audacieuse en faveur des exportations de gaz naturel liquifié hors du Québec, et je veux contribuer à renforcer le message vert autour de ces exportations et des nombreuses occasions de collaboration qui s’offrent à nous », a commenté M. Kenney.

L’ancienne première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a rappelé cette semaine qu’elle s’était souvent rendue au Québec pour défendre Énergie-Est. Aujourd’hui cheffe de l’opposition, elle veut obtenir plus de précisions sur le rôle et les coûts du bureau annoncé par son successeur.

Selon elle, l’important est de construire des ponts et non de les brûler. Elle a souligné que M. Kenney ne s’était pas aidé par ses déclarations belliqueuses et en contestant le point de vue du Québec sur l’énergie et la péréquation.

« Le problème est moins d’avoir un bureau (au Québec) que de cesser d’attaquer quiconque soumet un point de vue différent », a-t-elle dit.