(Halifax) Un chef de file de la communauté iranienne en Nouvelle-Écosse estime que les cinq victimes de l’écrasement en Iran qui sont liées à cette province représentent un microcosme de l’énorme perte de potentiel pour le Canada.

Michael MacDonald
La Presse canadienne

Ali Nafarieh, président de la Société culturelle iranienne de la Nouvelle-Écosse, indique que le bilan des victimes comprend quatre étudiantes universitaires de cette province et une dentiste qui avait également enseigné à l’Université Dalhousie, à Halifax. « C’est aussi une énorme perte pour le Canada […] Tant d’intellectuels. »

M. Nafarieh, qui enseigne le réseautage informatique à temps partiel à Dalhousie, a fait la connaissance de Masoumeh Ghavi, âgée de 30 ans, alors qu’elle venait d’être admise en septembre au cycle supérieur dans son programme. Impressionné par son expérience en technologie de l’information, il l’avait embauchée pour travailler à temps partiel dans son entreprise de Halifax.

M. Nafarieh raconte que Masoumeh Ghavi était sur le chemin du retour à Halifax avec sa sœur cadette, Mahdieh, lorsque l’avion d’Ukrainian International Airlines s’est écrasé mercredi. Mahdieh Ghavi, âgée de 20 ans, devait commencer ses études de médecine à Dalhousie plus tard cette année, a indiqué M. Nafarieh. « Pour moi, ce n’est pas seulement un désastre pour la communauté iranienne […] C’est aussi un désastre national pour le Canada », a-t-il dit.

À l’Université Saint Mary’s de Halifax, des responsables ont confirmé que deux étudiantes figuraient sur la liste des passagers du vol PS752. Maryam Malek et Fatemeh Mahmoodi étaient toutes deux étudiantes au programme de maîtrise en finance, a déclaré Colin Dodds, directeur des programmes et ancien président de l’université. « Pour célébrer la fin du premier semestre […] elles rentraient en Iran pour voir leurs parents et leur famille », a déclaré M. Dodds. « C’est une énorme perte. »

Il a refusé de révéler des détails personnels sur les deux femmes, mais il a précisé qu’elles avaient toutes deux des diplômes et des antécédents commerciaux exceptionnels avant de devenir des étudiantes de premier ordre à Saint Mary’s. Mme Malek était au début de la quarantaine et Mme Mahmoodi était au début de la trentaine ; elles parlaient trois langues.

Sharieh Faghihi, une dentiste qui travaillait à la clinique Gladstone de Halifax depuis 2016, est aussi au nombre des victimes. Mariée et mère de deux enfants, elle enseignait à temps partiel à Dalhousie.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, s’est dit stupéfait d’apprendre jeudi que l’avion aurait pu être touché par un missile iranien. « Les gens dans cet avion avaient fait ce que la plupart d’entre nous font pendant les vacances : essayer de passer du temps avec des êtres chers. »