« Je ne peux pas oublier leurs sourires. C’était des gens qui voulaient toujours aider les autres », a confié d’une voix étranglée Mehran Mirzai, lors d’une veillée de chandelles près de l’Université Concordia, jeudi soir.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

L’étudiant de 29 ans connaissait Alvand Sadeghi depuis une dizaine d’années. Celui-ci est mort avec sa femme, Negar Borghei, lors de l’écrasement du vol 752 près de Téhéran. Mme Borghei étudiait à l’Université McGill et son mari habitait Toronto. Les deux voyageaient d’une ville à l’autre pour se voir, a expliqué M. Mirzai.

De nombreuses personnes se sont réunies jeudi soir pour honorer les victimes. Certains ont pris la parole. D’autres ont regardé, silencieux, les flammes vaciller près des photos des disparus.

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Quelques heures plus tôt, le premier ministre du Canada annonçait qu’un tir de missile iranien avait possiblement abattu l’avion.

« Pour les victimes, ça ne fait pas de différence si c’est une erreur technique ou un missile, a réagi Mazdak Jabbari, un gestionnaire de 44 ans. Mais pour les familles, c’est quelque chose. Même si c’est accidentel, ça aurait pu être évité. »

Comme plusieurs personnes rencontrées sur place, il est resté prudent, disant vouloir attendre les résultats d’enquête.

Les participants ont allumé des lampions à la mémoire des victimes. La communauté irano-canadienne a été durement touchée par l’événement : si 63 victimes avaient la nationalité canadienne, quelque 138 passagers se rendaient au Canada, laissant présager le lien qui les unissait au pays.

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Hossein et Hoda Nourbakhsh ne pouvaient s’empêcher de penser à leur chance : deux jours avant l’accident, ils se trouvaient à bord du même avion, ont-ils dit.

« On hésitait entre lundi et mercredi, a dit l’étudiant à Concordia. C’était un peu moins cher mercredi, mais je voulais revenir pour un projet d’équipe. »

Il est rentré avec sa sœur lundi. Sa femme et sa fille ont prolongé les vacances. Elles ont finalement quitté l’Iran jeudi.

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Hossein Nourbakhsh a dit avoir suivi avec angoisse le tracé de leur vol. Il a beaucoup de compassion pour les proches des victimes. « J’ai vu un homme qui avait perdu sa famille et j’ai tellement d’empathie pour lui, a-t-il confié. Je sais qu’il est la personne la plus malheureuse du monde, je sais que si ça m’arrivait, je ne pourrais même plus respirer. »

Plus jamais, a-t-il affirmé, il ne prendra un vol différent de celui de sa femme et sa fille.

Ailleurs au pays

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Des centaines de personnes se sont rassemblées à travers le pays mercredi soir à Edmonton (photo) et à Toronto.

D’autres veillées avaient lieu ailleurs au pays, notamment sur la colline du Parlement à Ottawa, dans le nord de Toronto et à Halifax.

Le premier ministre Justin Trudeau a brièvement participé à la veillée organisée à Ottawa. Il s’est joint à la foule rassemblée pour se recueillir devant le Parlement. Il a déposé un bouquet de roses blanches devant le mémorial érigé pour l’occasion. Le premier ministre s’est également recueilli pendant quelques instants.

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Le premier ministre Justin Trudeau a brièvement participé à la veillée organisée à Ottawa.

Plus tôt jeudi, M. Trudeau a déclaré que des renseignements venant de multiples sources indiquent que l’avion aurait été abattu par un missile iranien. Il a ajouté qu’il est possible que cela ait été fait involontairement.

Justin Trudeau a répété à de nombreuses reprises qu’il souhaite la tenue d’une enquête approfondie et que le Canada travaille avec ses alliés dans ce sens.

Des centaines de personnes se sont aussi rassemblées mercredi soir dans plusieurs villes du pays, dont Edmonton et Toronto.

– Avec La Presse canadienne