(Montréal) Le premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné mercredi les tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats canadiens et américains en Irak en représailles à l’élimination par Washington du général Qassem Soleimani.

Agence France-Presse

« Le Canada condamne les attaques de missiles lancées par l’Iran la nuit dernière », a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse portant sur le crash d’un Boeing en Iran, appelant de nouveau à une « désescalade des tensions et au dialogue dans la région ».  

« Je peux confirmer qu’il y avait des Canadiens sur la base canadienne d’Erbil lorsque les missiles se sont abattus, mais ils sont tous en sécurité », a-t-il annoncé.

Après l’attaque américaine qui a tué le 3 janvier à Bagdad le puissant général iranien, Donald Trump avait expliqué que ce raid était nécessaire pour « arrêter » une guerre. Appelé à commenter ces propos, Justin Trudeau a estimé que les « Américains avaient pris une décision en fonction de leur évaluation de la menace », se refusant à préciser s’il partageait cette évaluation.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

De gauche à droite : la sous-ministre des Affaires étrangères Marta Morgan, le ministre des Transports Marc Garneau, le premier ministre Justin Trudeau, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan, le chef d’État-major de la Défense Jonathan Vance et la sous-ministre de la Défense nationale Jody Thomas

L’opération « Martyr Soleimani » a été lancée par l’Iran au beau milieu de la nuit en représailles à l’élimination du général Soleimani. Selon le Pentagone, 11 missiles tirés par l’Iran ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et un celle d’Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5200 soldats américains déployés en Irak.

« Aucun Américain n’a été blessé dans les attaques de la nuit dernière », s’était félicité le président américain Donald Trump plus tôt mercredi avant d’annoncer de nouvelles sanctions économiques contre la République islamique.  

Avant même ces frappes de la nuit, le Canada avait annoncé le déplacement d’une partie de ses troupes d’Irak vers le Koweït.

Le Canada compte quelque 800 militaires dans la région, dont environ 500 en Irak où ils participent notamment à la mission de formation de l’OTAN, dirigée par la majore-générale canadienne Jennie Carignan.  

Des soldats canadiens participent également à une autre mission dans le cadre de la coalition internationale luttant contre le groupe État islamique, emmenée par les États-Unis.

Le Canada a coupé ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012.