Toujours hantée par les images des explosions meurtrières, la communauté libanaise se retrousse les manches, mercredi. Des organismes et des individus ont lancé des collectes de fonds pour venir en aide aux victimes de Beyrouth. « Il faut essuyer nos larmes et se mobiliser très vite », a souligné Lamia Charlebois.

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

Cette Montréalaise, fondatrice de la page Facebook Libanais de Montréal — Sirop d’arabe, rappelle que le Liban vivait une crise avant même que les explosions ne rasent une partie de Beyrouth. Elle souhaite que ses concitoyens canadiens soient généreux en donnant de l’argent à la Croix-Rouge.

« Le Liban vivait la pire crise de son histoire. Une crise économique, politique, sanitaire. Les premiers répondants étaient déjà épuisés à cause de la COVID-19. Ils ont besoin d’aide », souligne celle qui pleure aujourd’hui la mort d’un ami. Plusieurs de ses proches ont aussi été blessés lors des explosions et leur maison a été lourdement endommagée.

Le Club libanais d’Ottawa a pour sa part mis sur pied une collecte de fonds afin de venir en aide aux victimes. En milieu d’après-midi mercredi, près de 5000 $ avaient été recueillis. L’argent sera remis à la Croix-Rouge et à des hôpitaux libanais. « Imaginez votre ville se faire balayer de la carte. Les gens sont dans la rue. Ils n’ont plus de maison », souligne Ahmad Araji, président de l’organisme.

« Les gens vivaient une situation très difficile avant l’explosion. Ils se retrouvent sans toit, sans nourriture, sans médicaments. Ils sont ébranlés, ils ont perdu des proches », dit M. Araji, dont plusieurs membres de sa famille et amis habitent au Liban. Certains ont subi des blessures à la suite des déflagrations. Ils sont tous en état de choc, ajoute-t-il.

M. Araji souligne que les hôpitaux du Liban ont aussi un besoin « urgent » de dons de sang. « Si vous vivez au Liban ou si vous connaissez quelqu’un qui y vit, dites-leur de donner du sang. Les hôpitaux en ont désespérément besoin. La situation est extrêmement dangereuse. »

« Un désastre qui dépasse les moyens des Libanais »

La Fondation LCF (Liban-Canada Fonds), organisme montréalais qui amasse généralement de l’argent pour venir en aide aux enfants aux besoins particuliers au Liban, a également mis sur pied une collecte de fonds « d’urgence ». « Aujourd’hui, on est devant un désastre qui dépasse les moyens et la compétence des Libanais », souligne Nicole Abdul-Massih, présidente de la fondation.

« Il y a 60 000 personnes qui ont perdu leur toit. Même s’ils sont encore en vie, ils n’ont pas d’endroit où habiter », dit-elle. Des sources officielles rapportent plutôt 300 000 sans-abri.

« Hier, le gouvernement disait aux Libanais de fermer leurs fenêtres pour ne pas respirer l’odeur des gaz. C’était ironique parce que toutes les fenêtres sont brisées » ajoute-t-elle.

La Fondation LCF avait collecté 1000 $ en milieu d’après-midi mercredi. Une partie des fonds sera remise à quatre organismes libanais qui viennent en aide aux enfants aux besoins particuliers. L’autre partie sera remise à la Croix-Rouge.

La diaspora libanaise au Canada

Le Canada compte 270 000 personnes d’origine libanaise. Une grande partie d’entre eux vit dans la région de Montréal. Ils sont principalement installés dans Saint-Laurent, Ahuntsic-Cartierville et Pierrefonds-Roxboro et Laval. La communauté libanaise représente le plus grand groupe d’origine arabe au Canada.

Veillée à la chandelle à Montréal

  • Quelques centaines de personnes se sont réunies, mercredi soir, au centre-ville de Montréal, pour une veillée à la chandelle à la mémoire des victimes de la double explosion survenue mardi à Beyrouth.

    PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

    Quelques centaines de personnes se sont réunies, mercredi soir, au centre-ville de Montréal, pour une veillée à la chandelle à la mémoire des victimes de la double explosion survenue mardi à Beyrouth.

  • Des membres de la diaspora libanaise, mais aussi des Montréalais de toutes les origines, ont rendu un hommage aux victimes.

    PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

    Des membres de la diaspora libanaise, mais aussi des Montréalais de toutes les origines, ont rendu un hommage aux victimes.

  • Les participants ont aussi manifesté leur soutien aux survivants de ce drame sans précédent.

    PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

    Les participants ont aussi manifesté leur soutien aux survivants de ce drame sans précédent.

  • Huit mille kilomètres séparent peut-être Beyrouth de Montréal, mais l’émotion n’en était pas moins vive au square Dorchester, où bien des Libanais d’origine tentaient toujours, tant bien que mal, d’avoir des nouvelles de leurs proches.

    PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

    Huit mille kilomètres séparent peut-être Beyrouth de Montréal, mais l’émotion n’en était pas moins vive au square Dorchester, où bien des Libanais d’origine tentaient toujours, tant bien que mal, d’avoir des nouvelles de leurs proches.

  • « Prenons un moment pour faire collectivement le deuil de notre immense perte et nous ressourcer pour mieux aider Beyrouth à se relever », avaient invité les instigateurs du rassemblement.

    PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

    « Prenons un moment pour faire collectivement le deuil de notre immense perte et nous ressourcer pour mieux aider Beyrouth à se relever », avaient invité les instigateurs du rassemblement.

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