(Ottawa) Le général Jonathan Vance, plus haut responsable militaire au Canada, a annoncé jeudi son départ.

La Presse canadienne

Il a affirmé qu’il se retirera de ses fonctions de chef d’état-major de la Défense « dans les mois à venir » après la désignation d’un successeur par le gouvernement.

Dans une lettre datée de jeudi et publiée sur les réseaux sociaux, M. Vance déclare que les membres des Forces armées demeurent une inspiration pour lui, et qu’il leur a « tout donné ».

En attendant le « transfert de commandement », il assure qu’il continuera de servir « avec la même énergie et les mêmes efforts (qu’il a) toujours déployés ».

Âgé de 56 ans, le général Vance est celui qui a occupé le plus longtemps le poste de chef d’état-major de la Défense dans l’histoire des Forces armées canadiennes.

Des informations avaient circulé sur une présumée intention du gouvernement de le recommander pour qu’il devienne le commandant en chef de l’OTAN à l’automne. Toutefois, des sources à la Défense nationale ont affirmé à La Presse canadienne que le gouvernement avait indiqué à Jonathan Vance que cela ne sera pas le cas.

M. Vance a été nommé dans ces fonctions il y a six ans, sous le gouvernement Harper. Cette nomination culminait une carrière qui a débuté en 1986 lorsqu’il a été désigné au sein du Régiment royal canadien (RCR).

Sa première décision a été de lancer l’opération « Honneur » visant à éliminer l’inconduite sexuelle au sein des Forces armées canadiennes. Il a cherché au cours de son mandat à transformer l’armée sur le plan de la diversité.

Il a aussi impliqué plus grandement l’armée au Canada, notamment lors de catastrophes naturelles. Plus récemment, des militaires ont été envoyés en appui dans les établissements de personnes âgées aux prises avec la COVID-19.

Sous sa gouverne, le Canada a aussi assuré le commandement d’un groupe de combat de l’OTAN en Lettonie et a dirigé des missions d’entraînement en Irak. Le pays a également participé pendant un an à une mission de maintien de la paix au Mali.

Le premier ministre Justin Trudeau a remercié M. Vance pour ses services, affirmant dans un communiqué qu’il a lancé le processus pour trouver un nouveau chef d’état-major.

« Le général Vance a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration et la mise en œuvre de la politique de défense entièrement financée qui s’intitule “Protection, Sécurité, Engagement”. Celle-ci aide à bâtir un monde plus sûr et pacifique », a déclaré M. Trudeau dans un communiqué publié jeudi.

Le chef d’état-major a dit avoir fait part de ses intentions à M. Trudeau, au ministre de la Défense nationale et à la gouverneure générale.

« La sélection d’un nouveau chef d’état-major de la Défense ainsi que la date de la passation de commandement seront déterminées par le gouvernement », a-t-il indiqué.

Chaise musicale

Le haut commandement des Forces armées canadiennes a souvent été plongé dans la tourmente au cours des dernières années.

En mars, le lieutenant-général Jean-Marc Lanthier avait surpris en annonçant son départ à la retraite à titre de vice-chef d’état-major de la Défense. Il était le sixième officier supérieur à seconder le général Vance. Certains observateurs pensaient qu’il pourrait lui-même lui succéder un jour.

Le commandant en second est responsable d’une grande partie de la surveillance financière quotidienne et de la gestion au jour le jour de toutes les Forces armées canadiennes.

M. Lanthier avait remplacé à ce poste l’ancien lieutenant-général Paul Wynnyk, qui avait démissionné après un différend avec Jonathan Vance.

Certains croyaient alors que sa nomination apporterait une stabilité indispensable à ce poste névralgique, après des années d’un jeu de chaises musicales amorcé par la suspension du vice-amiral Mark Norman en janvier 2017.

M. Norman, qui était aussi commandant de la Marine, aura occupé le poste de vice-chef d’état-major pendant cinq mois seulement avant d’être suspendu.

Il a finalement été révoqué en raison d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui a mené à une accusation d’abus de confiance. La poursuite soutenait que le vice-amiral avait divulgué au chantier naval Davie des secrets du cabinet, une accusation qui a finalement été abandonnée par la Couronne.

Pendant que M. Norman faisait l’objet de l’enquête de la GRC, deux autres officiers — le vice-amiral Ron Lloyd et le lieutenant-général Alain Parent — ont occupé le poste de façon intérimaire, avant que le lieutenant-général Paul Wynnyk ne soit finalement nommé à plein temps en juillet 2018.

Mais M. Wynnyk a annoncé sa retraite l’été dernier, lorsque le chef d’état-major, le général Jonathan Vance, a voulu redonner son poste à M. Norman. Or, le vice-amiral a conclu un règlement à l’amiable avec le gouvernement et il a pris sa retraite.