(Ottawa) Le Canada a mis en garde mercredi ses ressortissants à Hong Kong contre un risque de « détention arbitraire » et d’extradition vers la Chine continentale, après l’adoption par Pékin de la loi sur la sécurité nationale.

Agence France-Presse

« Vous pouvez être exposés à un risque accru de détention arbitraire pour des motifs de sécurité nationale ainsi qu’à une possible extradition vers la Chine continentale », avertit le gouvernement canadien sur son site officiel de conseils aux voyageurs.

Cet avertissement illustre les inquiétudes croissantes de pays occidentaux pour leurs citoyens après la promulgation mardi de cette nouvelle loi, condamnée par 27 pays du Conseil des droits de l’homme de l’ONU dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon.  

En réponse, Pékin a déclaré que les actions du Canada étaient « totalement déraisonnables ».

« Les affaires de Hong Kong sont les affaires internes de la Chine, aucun pays étranger ne devrait s’en mêler », a insisté mercredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian.

Les relations entre le Canada et la Chine sont actuellement à leur plus bas depuis des années après l’arrestation en décembre 2018 à Vancouver, à la demande de la justice américaine, de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei. Quelques jours après deux Canadiens avaient été arrêtés en Chine, Michael Kovrig, un ancien diplomate, et le consultant et homme d’affaires Michael Spavor.

Les deux hommes ont récemment été formellement inculpés d’espionnage. La procédure visant les deux Canadiens est largement perçue en Occident comme une mesure de représailles, ce que la Chine dément formellement.