(Toronto) Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, ne souhaite pas la réouverture de la frontière avec les États-Unis dès le 21 juillet, compte tenu de la résurgence des cas de COVID-19 dans de nombreux États américains.

Allison Jones
La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau a prolongé le 16 juin dernier l’interdiction des déplacements non essentiels entre les deux pays jusqu’au 21 juillet, au moins, et son homologue ontarien estime que ce serait une erreur de la lever à ce moment. M. Ford précise qu’il aime bien les Américains, mais que l’Ontario n’est pas prête maintenant à les accueillir.

« Je sais que c’est inévitable, nous devrons le faire, je crois simplement que nous ne sommes pas prêts », a déclaré le premier ministre Ford. « Vous voyez ce qui se passe aux États-Unis : regardez la Floride, regardez le Texas, l’Arizona, la Californie — je ne veux pas me retrouver comme ces États », a-t-il ajouté.

Plusieurs États ont établi cette semaine des records de cas de COVID-19, dont l’Arizona, la Californie, le Mississippi, le Nevada, le Texas et l’Oklahoma. L’Ontario, quant à elle, a enregistré moins de 200 nouveaux cas par jour au cours de 10 des 12 derniers jours, et elle affiche un taux de croissance de moins de 1 % depuis près de trois semaines.

M. Ford dit que la population de l’Ontario a été « fantastique », ajoutant que les hausses de cas observées en Californie, en Arizona et au Texas surviennent lorsque les citoyens baissent la garde. « Ce n’est pas fini. Je ne saurais trop insister : nous allons très bien parce que tout le monde a écouté », a soutenu M. Ford.

« Mais vraiment, cette chose peut revenir, c’est ce qui m’inquiète. Nous devons donc rester concentrés et nous ne pouvons pas baisser la garde même un seul instant. Nous baissons la garde et regardez ce qui est arrivé à la Floride, regardez ce qui est arrivé à la Californie et à l’Arizona et au Texas. C’est ce qui se passe lorsque vous êtes téméraire, vous êtes négligent et vous baissez la garde », a-t-il martelé.

Éviter une deuxième vague ?

Le médecin-hygiéniste en chef de l’Ontario, le docteur David Williams, a rappelé de son côté que certains des États américains comptant à peu près la même population que l’Ontario signalent plus de 1500 nouveaux cas par jour ; or, en Ontario, il n’y a jamais eu plus de 700 nouveaux cas en 24 heures. « Cela prouve que vous ne pouvez pas vous montrer désinvolte », a-t-il dit. « Nous aimerions atteindre un taux assez bas pour dire qu’avec nos méthodes, avec nos contrôles, avec nos cercles sociaux […], nous pourrions même éviter une deuxième vague. »

Le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario estime que l’an dernier, les secteurs du tourisme, de la culture et du patrimoine ont généré 43,7 milliards en activité économique, soit 4,9 % du produit intérieur brut de la province. Mais jusqu’à ce qu’il y ait une « reprise significative » des voyages internationaux, les pertes liées aux dépenses des touristes étrangers atteindront 11,4 milliards par année, a indiqué le bureau dans un rapport publié jeudi.

L’Ontario a signalé jeudi 189 nouveaux cas de COVID-19 et 10 autres décès. Cela porte le bilan de la province à 34 205 cas, dont 2641 décès et 29 528 cas résolus depuis le début de la pandémie. Il s’agit d’une augmentation de 192 cas résolus par rapport à la veille, poursuivant une tendance à une croissance plus rapide des cas résolus que celle des cas actifs.

Le nombre de personnes hospitalisées avec la COVID-19 en Ontario est passé de 278 à 270. Le nombre de personnes aux soins intensifs et sous respirateurs — 69 et 47, respectivement — est tombé aux niveaux les plus bas depuis que la province a commencé à publier ces chiffres au début du mois d’avril. Plus de 27 500 tests avaient été effectués mercredi.