(Ottawa) Triste jalon pour les « deux Michael » détenus arbitrairement en Chine : ils ont franchi le cap des 500 jours sous les verrous – et pour ne rien arranger, la COVID-19 les a privés de visites consulaires depuis janvier dernier.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« La crise de la COVID-19 a fait en sorte que les visites consulaires ont été interdites dans le système [carcéral] chinois, mais on nous assuré qu'ils se trouvent dans une institution, dans une région, qui ne sont pas particulièrement affectés par la COVID-19 », a dit Justin Trudeau, jeudi.

Le Canada continue néanmoins de réclamer « davantage de détails et un plus grand accès », et récemment, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a relancé auprès de son homologue chinois un appel à la libération des deux Canadiens.

Les autorités chinoises ont mis le grappin en décembre dernier sur l’ancien diplomate Michael Kovrig et l’entrepreneur Michael Spavor, à Pékin. Le régime a plus tard annoncé que les deux ressortissants Canadiens étaient soupçonnés d’avoir menacé la sécurité d'État.

Ces allégations sont considérées bidon par plusieurs – et leur arrestation, comme une mesure de représailles à l’interpellation, quelques jours auparavant, de Meng Wahzhou, la numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei, à l’aéroport de Vancouver.

Les autorités consulaires canadiennes ont dû faire des pieds et des mains pour avoir accès aux deux hommes, la relation diplomatique sino-canadienne s’étant profondément dégradée depuis cette arrestation effectuée à la demande de Washington, en guerre commerciale avec Pékin.

On a finalement pu leur rendre visite, en moyenne à raison de 30 minutes par mois. Les lumières des cellules sont allumées 24 heures sur 24. Un masque pour les yeux a été fourni aux deux Michael afin de les aider à trouver le sommeil.

Les visites ont brusquement pris fin en janvier, pour cause de COVID-19, dans le pays qui a été le berceau de la pandémie mondiale. Depuis, Ottawa tente de trouver une façon de les appuyer autrement, a signalé Adam Austen, le porte-parole du ministre Champagne.

« D’autres options créatives sont actuellement étudiées pour assurer un accès consulaire régulier à M. Kovrig et M. Spavor, ainsi qu’aux autres Canadiens détenus en Chine, conformément aux protocoles de sécurité des autorités chinoises compétentes », a-t-il écrit à La Presse.

Au Canada, la directrice des télécommunications de la société chinoise, qui veut s’implanter dans le réseau 5G au Canada, est toujours assignée à domicile dans une résidence cossue de Vancouver, où elle attend que les tribunaux statuent sur sa demande d’extradition.

Ottawa n’a toujours pas tranché du sort de Huawei et n’a pas fixé d’échéancier.

En décembre, pour marquer le premier anniversaire de son arrestation, Mme Meng a publié une lettre pour remercier les gens qui l’appuient de leur « chaleur ». Elle écrit que le temps passe si lentement qu’elle a le temps de « finir minutieusement une peinture à l’huile ».

La justice américaine a déposé des chefs d’accusation de fraude, d’entrave à la justice et de violation des sanctions américaines contre l’Iran contre la femme d’affaires.