(Ottawa) Un fils d’anciens espions russes ayant vécu au Canada a définitivement retrouvé sa citoyenneté canadienne à l’issue d’un jugement de la Cour suprême, publié jeudi à Ottawa.

Agence France-Presse

Alexander Vavilov – Alexander Foley de son nom de naissance – est né au Canada en 1994, comme son frère Timothy quatre ans plus tôt. Leurs parents, Donald Heathfield et Tracey Foley, font partie de dix espions russes qui ont été arrêtés en 2010 puis expulsés vers la Russie.  

La Cour suprême a confirmé une décision de la Cour d’appel de juin 2017, statuant qu’Alexander disposait bien de la citoyenneté canadienne.  

Cet arrêt invalidait une précédente décision d’Ottawa qui, en 2014, avait retiré sa citoyenneté canadienne au jeune homme, au motif que ses parents travaillaient pour un gouvernement étranger au moment de sa naissance.

Un enfant né au Canada devient automatiquement canadien, sauf si l’un de ses parents est diplomate. En 2017, la Cour d’appel avait toutefois estimé que les parents d’Alexander Vavilov ne disposaient pas de privilège ou d’immunité diplomatique, et que l’enfant pouvait donc accéder à la citoyenneté canadienne.

Le couple vivait à Toronto lorsque Alexander Vavilov et son frère sont nés au début des années 90. La famille avait quitté le pays pour la France en 1995, avant de finalement s’installer aux États-Unis.

La vie de l’adolescent a basculé en 2010, lorsque des policiers du FBI ont fait irruption à son domicile de la région de Boston pour arrêter ses parents. Ces derniers reconnaissent alors leur réelle identité, Andrey Bezrukov et Elena Vavilova, que leurs enfants ignoraient. La famille avait ensuite été expulsée vers la Russie.

Selon plusieurs médias, la décision de la Cour suprême concernant la citoyenneté canadienne d’Alexander s’applique automatiquement à son frère Timothy, qui a engagé une procédure judiciaire similaire.

L’histoire de ces rebondissements judiciaires avait inspiré la série télévisée américaine The Americans.