Deux ex-députés albertains dégommés au scrutin d’octobre ont voulu railler leurs détracteurs en se réjouissant d’un important jalon dans les travaux d’agrandissement du projet d’oléoduc Trans Mountain, soit le début des travaux le long du tracé.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Alors tout le monde, allez-vous le croire maintenant ? », a écrit sur Twitter l’ex-ministre fédéral des Ressources naturelles Amarjeet Sohi, en relayant un article dans lequel était annoncé le début de la construction de la canalisation.

Son ancien collègue de la province de l’Ouest — où les libéraux ont été rayés de la carte au dernier scrutin — Kent Hehr a lui aussi tenu à célébrer cette nouvelle étape vers la concrétisation de la promesse du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

« Si j’avais un dollar pour chaque fois où l’on m’a dit aux portes que nous avons acheté le pipeline Trans Mountain pour l’annuler… je serais à la retraite à Palm Springs à l’heure où on se parle », a écrit l’ancien député et ministre de l’Alberta.

Coïncidence

L’annonce de la tenue de cet événement, auquel ont notamment participé le nouveau ministre fédéral des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, et la ministre albertaine de l’Énergie, Sonya Savage, a inspiré un gazouillis sarcastique à la Fondation David Suzuki.

« Remarquez l’ironie : ceci arrive exactement au 2e jour de la COP25 [Conférence des Nations unies sur les changements climatiques] à Madrid », a souligné mardi l’organisation environnementale.

Les députés conservateurs fédéraux, tout comme leurs cousins albertains, ont maintes fois allégué que les libéraux de Justin Trudeau ne voulaient pas réellement de ce projet d’expansion, et que celui-ci ne verrait jamais le jour.

Lorsqu’il a annoncé un second feu vert à l’agrandissement de la canalisation, au mois de juin dernier, le gouvernement libéral avait assuré que les premières pelletées de terre viendraient avant la fin de l’année.

Les travaux ont été relancés en août dernier. La société Trans Mountain estime qu’ils seront achevés en 2022 et qu’à terme, la capacité de cette canalisation qui relie déjà l’Alberta à la Colombie-Britannique triplera.

La Cour fédérale d’appel étudie toujours les doléances de six nations autochtones qui sont opposées à sa réalisation. Le gouvernement libéral compte ultimement privatiser l’oléoduc qu’il a acheté au coût de 4,5 milliards.

Les libéraux ont promis d’investir tous les revenus liés à la réalisation de ce projet, ainsi que les profits liés à la privatisation éventuelle du pipeline, dans des projets permettant au Canada d’accélérer sa transition écologique.