(Ottawa) L’armée canadienne refuse de prendre livraison du premier de ses tout nouveaux avions de recherche et sauvetage construits par Airbus, en raison de problèmes liés aux manuels du fabricant.

Lee Berthiaume
La Presse canadienne

Le nouvel avion devait être livré à l’armée le 1er décembre, mais La Presse canadienne a appris que cela ne sera vraisemblablement pas possible, alors qu’Airbus, l’Aviation royale canadienne et le ministère de la Défense nationale ne s’entendent pas sur le contenu des manuels, qui comptent des milliers de pages. Ces manuels fournissent aux pilotes, au personnel navigant et aux mécaniciens les instructions nécessaires pour utiliser et entretenir l’avion. Le litige porte sur les détails précis qu’Airbus doit inclure dans ces manuels.

On ne sait pas exactement de combien de temps la livraison pourrait être retardée. Un délai prolongé pourrait obliger l’armée à effectuer des ajustements avec ses avions existants, dont certains ont déjà plusieurs dizaines d’années d’utilisation et sont voués depuis longtemps à la retraite.

C’est en 1947 que le gouvernement canadien a confié aux militaires le mandat de mener des opérations de recherche et sauvetage. Le gouvernement reçoit environ 10 000 appels de détresse chaque année et bien que la majorité d’entre eux soient traités par les provinces ou les territoires, avec les corps policiers et des bénévoles, environ 750 appels parmi les plus risqués sont traités par l’armée.

Le personnel militaire de recherche et sauvetage utilise souvent ses avions et hélicoptères spécialisés pour parachuter ou descendre en rappel des sauveteurs dans des régions isolées telles que les montagnes, l’Extrême-Arctique ou l’un des trois océans du Canada — pour se rendre sur les lieux d’un accident d’avion ou près d’un navire en perdition, par exemple.

Le gouvernement fédéral a annoncé il y a trois ans qu’il avait conclu avec Airbus un contrat de 2,4 milliards pour la livraison de 16 avions CC-295, qui remplaceraient les anciens avions de recherche et sauvetage Buffalo de l’armée de l’air et une vieille version de l’avion Hercules de l’armée.

Le contrat, qui prévoit la possibilité de verser à Airbus 2,3 milliards supplémentaires pour la maintenance et le soutien de l’appareil pendant 15 ans, a été salué comme l’un des rares gros succès du système d’approvisionnement militaire canadien, quelque peu malmené ces dernières années, notamment dans le dossier des avions de chasse.

On apprenait la semaine dernière que les chantiers maritimes Irving de Halifax reportaient encore une fois la livraison du premier navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique pour la Marine canadienne. D’abord prévue en 2018, puis à la fin de cette année, la livraison du NCSM Harry DeWolf est maintenant reportée « au cours des trois premiers mois de 2020 ».