(Ottawa) La Saskatchewan pourrait s’inspirer du Québec et réclamer plus de marge de manœuvre à l’international.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

À la sortie de sa rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, mardi, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s’est dit prêt à réclamer plus d’«autonomie» pour sa province et a déclaré qu’il compte dévoiler un plan en ce sens dans les prochains jours.

«On va regarder chaque opportunité pour s’assurer que la Saskatchewan est bien représentée, non seulement dans la nation canadienne, mais aussi à travers le monde. Et où il y aura des opportunités pour nous de développer notre autonomie provinciale, nous allons nous y pencher très sérieusement», a-t-il détaillé.

M. Moe dit qu’il souhaite élargir les horizons de sa province avec ses partenaires commerciaux à l’international. «Nous allons augmenter notre présence et j’en aurai davantage à dire dans les prochains jours pour s’assurer que la Saskatchewan est représentée autour du monde auprès des pays avec lesquels nous faisons du commerce.»

En vertu de la doctrine Gérin-Lajoie, le Québec dispose d’une «capacité exclusive à mettre en application certains engagements internationaux», peut-on lire sur le site du ministère des Relations internationales du Québec. La province peut donc conclure certains accords commerciaux sans l’aval d’Ottawa.

Reparti les mains vides

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Scott Moe et Justin Trudeau.

M. Moe avait trois choses sur sa liste de souhaits pour sa rencontre avec son homologue fédéral, mais est reparti déçu et insatisfait.

Il veut ouvrir les marchés pétroliers étrangers en complétant des projets de pipelines. Il souhaite que soit révisée la formule de péréquation et que l’on suspende pendant un an la taxe fédérale sur le carbone en Saskatchewan, afin de pouvoir réévaluer les stratégies de la province en matière de changement climatique.

M. Moe a formulé ces exigences dans une déclaration au lendemain des élections du 21 octobre, qui ont ramené les libéraux au pouvoir avec un mandat minoritaire et aucun siège en Alberta et en Saskatchewan.

Mardi, il espérait entendre un changement de ton de la part de M. Trudeau. «Je peux vous dire ceci: je n’ai pas entendu qu’il y avait quoi que ce soit de différent. J’ai entendu les mêmes choses», s’est-il désolé.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a eu sa propre réunion avec M. Trudeau vendredi à Ottawa, et a suggéré qu’il pourrait aider à négocier une trêve avec des premiers ministres conservateurs qui s’opposent à la taxe sur le carbone, tels que M. Moe et son homologue de l’Alberta, Jason Kenney.

Certains ont évoqué l’idée d’une séparation de l’Ouest depuis les élections fédérales, mais M. Moe a dit qu’il croyait que la Saskatchewan devait faire partie d’un Canada fort et uni.