(Toronto) Au moins 25 enfants canadiens « innocents » sont pris au piège dans un camp de réfugiés non loin de l’endroit où la Turquie a lancé une offensive militaire dans le nord-est de la Syrie, affirme une organisation caritative internationale, qui appelle Ottawa à agir dès maintenant pour les secourir.

Liam Casey
La Presse canadienne

Save the Children Canada, qui a des équipes sur le terrain en Syrie, a affirmé jeudi qu’il s’agissait en grande partie d’enfants de combattants du groupe armé État islamique et que certains d’entre eux sont orphelins, tandis que d’autres n’ont qu’un seul parent.

« Tous les enfants sont innocents, et les punir à cause de l’endroit où ils sont nés ou des circonstances dans lesquelles ils sont nés n’est pas notre manière de faire », a déclaré Bill Chambers, chef de la direction du groupe.

« Nous pensons qu’ils devraient être ramenés à la maison et gardés en sécurité. »

Les enfants sont en grande partie installés à Al-Hol, un camp de réfugiés situé à environ 100 kilomètres au sud-est de la région frontalière où l’incursion turque est en cours.

La Turquie a lancé mercredi une offensive aérienne et terrestre contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, à peine trois jours après que le président Donald Trump eut annoncé le retrait des soldats américains de la région.

M. Chambers a affirmé que d’autres pays tels que la Belgique, l’Italie, l’Australie, l’Allemagne et le Danemark avaient tous rapatrié des enfants pris dans le conflit.

Il a déclaré que l’organisation avait été en contact avec les bureaux de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, au fil des ans, mais que les enfants canadiens se trouvaient toujours en Syrie.

Mme Freeland a condamné mercredi l’incursion turque en Syrie, soulignant que ces actions risquaient d’exacerber les problèmes humanitaires qui affligent déjà le pays.

M. Chambers a indiqué qu’il y avait trois principaux camps dans le nord-est de la Syrie et qu’aucun n’avait encore été ciblé par l’offensive turque.

« La situation ne fera qu’empirer et certains (des enfants) ont réellement besoin d’aide à la fois physique et mentale », a-t-il fait valoir.

« Ils sont traumatisés et sont totalement dans l’insécurité depuis leur naissance. »

Les conditions dans les camps sont désastreuses, a-t-il ajouté.

« Il n’y a pas de soins de santé à proprement dit, il n’y a pas assez d’eau, il y a de la malnutrition, l’éducation est rudimentaire et ne peut rien pour assurer un avenir à qui que ce soit, et cette situation prévalait avant que tout cela se produise », a-t-il déclaré.

« C’est vraiment un endroit atroce pour être un enfant. Le pire. »