(Québec) Le nombre de plaintes en droit de la personne et de demandes d’intervention en protection de la jeunesse a bondi de 20 % en un an à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Sur une période de 10 ans, l’augmentation atteint un sommet de 122 %.  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En point de presse lors du dépôt du rapport annuel de la CDPDJ, mercredi, le président Philippe-André Tessier a qualifié cette hausse de « sans précédent ». Ce dernier espère entre autres que Québec augmente le budget de la Commission afin qu’elle poursuive le traitement des dossiers dans des délais raisonnables.  

En matière de protection de la jeunesse, le nombre de demandes d’intervention a augmenté de 45 % ces cinq dernières années (213 % sur une période de 10 ans). En 2018-2019, la CDPDJ a reçu 396 demandes d’intervention, comparativement à 126 à il y a une décennie. « Du jamais vu », a-t-on dit mercredi.

« Si vous me demandez s’il y a plus de détresse chez les enfants, la réponse est oui », a affirmé Suzanne Arpin, vice-présidente de la CDPDJ responsable du mandat jeunesse, précisant que la situation dans le Nord-du-Québec était « extrêmement alarmante ». Cette région a enregistré cette année 26 demandes d’intervention par 100 000 habitants, comparativement à 9 demandes par 100 000 habitants en Mauricie et à 8 demandes pour le même ratio en Gaspésie.  

Face à « l’incapacité admise du DPJ de respecter les délais d’évaluation et de traitement des signalements en raison de l’existence d’importantes listes d’attente », la CDPDJ recommande « d’élaborer un plan d’action » national et compte participer aux travaux de la Commission Laurent, chargée d’étudier la question.