(Vancouver) Trois chefs de partis fédéraux ont mis de côté leurs divergences avant les élections d’octobre et ont défilé ensemble lors du défilé de la Fierté de Vancouver, dimanche.

Brenna Owen
La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau, le chef néo-démocrate Jagmeet Sing et leur collègue du Parti vert Elizabeth May ont marché côte à côte le long de plusieurs îlots urbains au début du défilé avant que M. Singh et Mme May n’aient rejoindre des groupes de partisans.

M. Trudeau était aussi accompagné de sa femme Sophie Grégoire-Trudeau et de leurs enfants.

S’adressant aux journalistes, avant le départ du défilé, M. Trudeau a parlé des deux tueries survenues au cours du week-end à El Paso, au Texas, et à Dayton, en Ohio, qui ont coûté la vie à au moins 29 personnes.

« Nous partageons le deuil de ces familles. Nous demeurons bien sûr aux côtés de notre voisin américain au moment où il traverse une période difficile », a-t-il déclaré.

Les autorités américaines traitent les meurtres d’El Paso comme un cas de terrorisme intérieur.

Interrogé sur la menace des suprémacistes blancs au Canada, M. Trudeau a dit déplorer la polarisation politique croissante.

« C’est pourquoi il est si important que nous nous tenions tous unis dans des moments comme ceux-là. Nous défendons les droits de la personne et les communautés marginalisées », s’est félicité le premier ministre.

Il a ajouté qu’il avait été heureux de côtoyer Mme May et M. Singh au cours d’une partie du défilé.

« Cela montre que nous sommes sans équivoque lorsque vient le temps de défendre les droits de la personne, de défendre les Canadiens », a-t-il dit.

Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer ne s’est pas montré au cours de l’événement, comme il ne l’avait pas fait lors d’autres défilés de la Fierté. M. Trudeau n’a pas raté cette occasion de déplorer cette absence.

« Il est regrettable qu’il existe encore des chefs de parti aspirants au poste de premier ministre qui choisissent de défendre des personnes intolérantes plutôt que de venir défendre la communauté LBGT, a souligné le premier ministre. J’aurais vraiment aimé qu’Andrew Scheer soit ici aujourd’hui pour transmettre un message d’appui aux enfants des régions rurales qui pourraient être victimes d’intimidation et qui sont aux prises avec des difficultés. Je suis ici avec des politiciens qui le font. »

L’attaché de presse d’Andrew Scheer, Daniel Schow, n’a pas voulu admettre l’absence de son chef, dimanche, mais a défendu le bilan du Parti conservateur en matière de droits de la personne.

« Les conservateurs canadiens ont un fier historique de luttes pour les droits et la protection de tous les Canadiens, incluant ceux de la communauté LGBTQ, ici comme à l’étranger », a écrit M. Schow. « Il y a plusieurs manières de soutenir ces communautés et il est essentiel que les droits des Canadiens soient protégés sans égard à la race, au genre ou à l’orientation sexuelle. »

Selon Mme May, les célébrations de la Fierté sont une expression des valeurs fondamentales de compassion et d’inclusion du Canada. Elle a rappelé qu’elle n’avait pas raté un seul défilé de la Fierté depuis plus d’une décennie.

« Les conservateurs ne sont pas là. Leur boycottage total des défilés de la Fierté est troublant. Je veux toutefois me concentrer sur les aspects positifs [de l’événement], a-t-elle déclaré. Ce n’est pas une question partisane, c’est une question de savoir qui nous sommes en tant que pays. »

En marchant ensemble à un défilé de la Fierté, les chefs politiques veulent manifester leur solidarité avec la communauté queer au Canada, a affirmé M. Singh.

« Nous devons aller au-delà de cela pour célébrer parmi nos concitoyens », a-t-il ajouté, en condamnant notamment les restrictions imposées aux dons de sang aux hommes ayant des rapports homosexuels.

Dans un communiqué publié dimanche, le NPD a promis de mettre de l’avant un plan d’action national visant à interdire les « prétendues thérapies de conversion » pour les mineurs au Canada.

Plus tard en soirée, Justin Trudeau devait prononcer un discours devant des partisans dans le cadre d’un événement-bénéfice du Parti libéral à Surrey, en Colombie-Britannique. Un don de 500 dollars était demandé aux militants voulant y assister.