Ottawa envisage de criminaliser les thérapies de conversion

L'ampleur du phénomène de ces thérapies, qui peuvent... (PHOTO EDUARDO LIMA, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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L'ampleur du phénomène de ces thérapies, qui peuvent passer par l'administration d'électrochocs ou la prescription de psychotropes pour « guérir » l'attirance envers une personne du même sexe, est difficile à quantifier au Canada. « Des chiffres, on n'en a pas », reconnaît le député fédéral ouvertement homosexuel de l'Alberta.

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Le gouvernement Trudeau veut criminaliser les thérapies de conversion pour mettre fin à cette pratique « honteuse » et « cruelle ».

« Ça prend un ajout au Code criminel pour que les gens qui sont en train d'essayer de changer l'orientation sexuelle des mineurs ou d'autres Canadiens sachent qu'ils sont en train de commettre des actes illégaux et qu'il y aura des conséquences à leurs actes », tranche en entrevue à La Presse le député Randy Boissonnault.

L'élu albertain, qui est conseiller du premier ministre Justin Trudeau sur les enjeux liés à la communauté LGBTQ2, affirme que s'il est réélu, le gouvernement libéral voudrait déposer un projet de loi visant à amender le Code criminel. « On regarde comment on pourrait faire ça », souligne-t-il.

Les premières bases du travail ont déjà été jetées : les ministres fédéraux de la Justice, David Lametti, et de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, ont fait parvenir le 21 juin dernier une missive à leurs homologues provinciaux afin de solliciter leur collaboration dans ce dossier.

« Nous vous écrivons pour vous encourager à prendre des mesures pour mettre fin à la pratique honteuse de la thérapie de conversion, une pratique cruelle susceptible d'infliger un traumatisme à vie qui est dépourvue de tout fondement scientifique », est-il écrit dans une lettre envoyée à Sonia LeBel et Danielle McCann obtenue par La Presse.

Les provinces et municipalités ont un rôle important à jouer, insiste Randy Boissonnault. Il cite en exemple Saint-Albert, une ville située au nord-ouest d'Edmonton, où le conseil municipal a voté lundi à l'unanimité pour bannir la pratique. Les provinces, elles, détiennent d'autres pouvoirs en vertu de leur compétence en santé, note-t-il.

L'ampleur du phénomène de ces thérapies, qui peuvent passer par l'administration d'électrochocs ou la prescription de psychotropes pour « guérir » l'attirance envers une personne du même sexe, est difficile à quantifier au Canada. « Des chiffres, on n'en a pas », reconnaît le député fédéral ouvertement homosexuel de l'Alberta.

Mais là-dessus, le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, est catégorique : « une personne, c'est déjà une personne de trop », martèle-t-il en entrevue avec La Presse. Lui aussi est d'avis que la pratique « archaïque, inintelligente », devrait être criminalisée.

« Ça devrait passer par un ajout au Code criminel, comme on a criminalisé plein de choses. Et dans les provinces, quelqu'un qui fait partie d'un ordre professionnel et qui fait ce genre de pratique-là devrait perdre son droit de pratique, être sanctionné », fait-il valoir.




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