(Ottawa) La plus grande réserve autochtone du Canada deviendra encore plus grande après qu’un tribunal fédéral a jugé mercredi que l’État canadien n’avait pas respecté ses obligations territoriales envers une tribu prévues dans un traité de 1877.

Agence France-Presse

Le territoire de la réserve de la Première nation des Blood s’étend actuellement sur 1418 kilomètres carrés dans le sud de la province de l’Alberta.

Après avoir pris en compte des documents et des plans de l’époque, ainsi que l’histoire orale des anciens autochtones, le juge Russel Zinn de la Cour fédérale a décidé que la réserve aurait dû s’étendre sur 1839 kilomètres carrés dès sa création au début des années 1880.

Il a cependant rejeté une autre revendication des Blood qui aurait agrandi le territoire de la réserve jusqu’à la frontière avec les États-Unis, dans le Parc national canadien des Lacs-Waterton.

Un résumé du jugement, qui a été traduit en langue pied-noir, décrit comment la taille d’origine de la réserve a été calculée en fonction de sa population à l’époque : 2,6 km2 pour chaque famille de cinq personnes.

Mais la population du territoire, selon le juge, avait été sous-estimée par l’État canadien lors de la signature du « Traité 7 ».

La Cour, a conclu le juge, a « établi que la tribu des Blood comptait 3550 membres lors de la conclusion du Traité 7, ce qui lui donnait droit à une réserve de 710 miles carrés » (1839 km2).

La bataille judiciaire autour de cette revendication territoriale durait depuis 40 ans.

Le gouvernement canadien dispose de 30 jours pour faire appel. Sinon d’autres audiences auront lieu pour établir les mesures devant être prises pour remédier à ce manquement au traité.