Le gouvernement canadien dénonce l’arrestation formelle de Michael Kovrig et Michael Spavor par les autorités chinoises.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Le Canada condamne fermement leur arrestation arbitraire comme nous avons condamné leur détention arbitraire le 10 décembre », a déclaré jeudi matin Brittany Fletcher, porte-parole chez Affaires mondiales Canada.

« Nous réitérons notre demande que la Chine libère immédiatement M. Kovrig et M. Spavor », a-t-elle ajouté dans le même communiqué au sujet des deux Canadiens, qui ont chacun reçu une visite consulaire au cours des derniers jours.

Ottawa « continue d’exprimer sa reconnaissance à ceux qui se sont exprimés en faveur des deux Canadiens détenus et de l’état de droit. Cela comprend l’Australie, l’UE, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, les Pays-Bas, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, l’Espagne, le Danemark, l’OTAN, et le G7 », a poursuivi la porte-parole.

Les deux ressortissants canadiens sont soupçonnés par Pékin d’avoir mis en péril la sécurité nationale chinoise en se livrant à des actes d’espionnage dont la nature demeure inconnue.

En avril dernier, le quotidien The Globe and Mail rapportait qu’ils étaient détenus dans des conditions pénibles, plus souvent qu’autrement en isolement cellulaire. Chez Amnistie internationale, on a indiqué que ces conditions s’apparentent à de la torture.

Les deux hommes ont été appréhendés dans la foulée de l’arrestation au Canada, à la demande des États-Unis, de la directrice financière du géant des télécommunications chinois Huawei, Meng Wanzhou.

Celle-ci est actuellement devant les tribunaux pour contester son extradition.

Le président américain Donald Trump a signé hier un décret présidentiel pour empêcher l’entreprise de participer au déploiement du réseau 5G, invoquant une « urgence nationale ».

Le Canada n’a pas encore pris de décision sur cette question, et voici que le gouvernement Trudeau se retrouve, encore une fois, dans une position délicate face à la Chine.