Au cours des dernières années, la peste porcine africaine s’est propagée à un rythme exponentiel à travers le globe. Les autorités canadiennes sont sur le qui-vive pour empêcher l’entrée au pays de ce fléau qui pourrait faire des ravages dans l’industrie du porc, un secteur qui génère des retombées de près de 24 milliards par an. La menace numéro un : le voyageur.

Texte : Daphné Cameron Texte : Daphné Cameron
La Presse

Photos : Marco Campanozzi Photos : Marco Campanozzi
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Une mobilisation sans précédent

Les douaniers québécois interceptent des passagers qui rapportent illégalement des produits du porc dans leurs valises… tous les jours. Sans le savoir, ces voyageurs pourraient devenir la porte d’entrée d’un virus foudroyant, sans risque pour la santé humaine, mais qui tue la presque totalité des cochons qui en sont atteints. La menace de la peste porcine africaine est prise très au sérieux par Ottawa, qui a déjà élaboré un plan d’intervention pour limiter la propagation de la maladie si des cas se déclaraient au Canada.

Aéroport Montréal-Trudeau. Des valises défilent sur un carrousel. Daisy, un grand labrador brun, s’élance et longe le tapis roulant d’un pas enthousiaste. Son maître, l’agent des services frontaliers Michel Couture, appuie sur les valises afin d’en faire sortir l’air par les fermetures éclair. Daisy s’assoit. Les effluves qui émanent d’une grosse valise brune ont tout de suite capté son attention. En quelques secondes, elle a réussi sa mission. L’agent Couture extirpe un immense saucisson de la valise et récompense Daisy avec une croquette. (Normalement, les valises sont ouvertes au service des fouilles.)

Peu de voyageurs le savent, mais les chiens détecteurs ont des rôles bien précis. Il y a des chiens qui détectent les drogues et d’autres les armes à feu, des chiens entraînés pour repérer les devises étrangères et des chiens spécialisés dans la recherche des protéines de produits alimentaires, végétaux et animaux.

Le duo Daisy-Couture, qui a réalisé une simulation pour l’objectif de La Presse, fait partie de l’équipe « agriculture » du Service des chiens détecteurs de l’Agence des services frontaliers du Canada, qui compte 21 équipes. Elles sont considérées comme la première ligne de défense contre la peste porcine africaine, une maladie virulente qui fait des ravages dans les cheptels d’Europe de l’Est et d’Asie.

« La principale menace que l’on craint, c’est qu’il y ait des voyageurs qui introduisent ici des produits du porc transformés comme des saucissons ou des produits séchés ou saumurés », explique l’agronome Martin Pelletier, coordonnateur de l’Équipe québécoise de santé porcine. « Notre crainte, c’est que ces produits-là soient contaminés par le virus et qu’ils se frayent un chemin vers les porcs. »

Cette menace pourrait sembler très théorique. C’est pourtant de cette manière que la maladie se serait introduite en Eurasie en 2007. Des cochons élevés en basse-cour dans une ville portuaire auraient été nourris avec des restes de table contaminés provenant d’un navire venu d’Afrique de l’Ouest. En 2018, des sangliers sauvages auraient été infectés en Belgique par les déchets alimentaires de camionneurs arrêtés à une halte routière.

« Le public, ça reste le risque le plus élevé pour nous », insiste en entrevue avec La Presse le vétérinaire en chef du Canada, le Dr Jaspinder Komal. « Plus la concentration du virus augmente dans les cochons de façon planétaire, plus il y a un risque que ça continue de se propager et qu’un jour ça arrive en Amérique du Nord. C’est donc une question de temps, et c’est pour cela qu’il faut que l’on soit très, très attentifs. »

Il explique que le Canada est actuellement à un niveau d’« alerte orange ». « Si jamais on détecte la peste porcine aux États-Unis, on tombe en alerte rouge », dit-il.

Un virus tenace

La peste porcine africaine est causée par un virus à ADN de genre Asfivirus. La maladie débute souvent par une fièvre et des marques bleutées qui ressemblent à des contusions. De 90 % à 100 % des porcs en meurent. « C’est une maladie qui entraîne beaucoup de mortalité, beaucoup de saignements parce qu’elle endommage les vaisseaux sanguins. Ça commence par les poumons, et après, ça se répand partout dans le cochon », explique le Dr Komal.

Contrairement à l’influenza, il ne se propage pas dans l’air. Le virus doit entrer en contact direct avec l’animal. Il peut survivre sur les carcasses des animaux, sur les vêtements et sur les équipements agricoles. Les techniques de saumurage ne tuent pas le virus.

Chine, Russie, Europe de l’Est : avec l’augmentation du nombre de pays atteints par la maladie, Ottawa a décidé de grossir le nombre d’équipes de maîtres-chiens spécialisés dans la détection des produits alimentaires. Au cours des cinq prochaines années, 18 nouvelles équipes seront formées.

Cela peut sembler étonnant, mais les importations illégales de porc sont très fréquentes. « J’en ai chaque jour – 80 % de ce que l’on voit, c’est du porc », souligne le maître-chien Michel Couture, qui a récemment surpris une passagère avec 25 kg de viande porcine dans ses valises. « Les gens sont beaucoup attachés à leur nourriture. Pour des membres de communautés étrangères, c’est comme s’ils ramenaient un peu de chez eux à la maison, et on les comprend. Toutefois, il faut absolument qu’ils déclarent. »

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER DE L’AGENCE DES SERVICES FRONTALIERS DU CANADA

Le 10 juin dernier, un voyageur a été intercepté par l’Agence des services frontaliers du Canada alors qu’il rapportait 23 kg de porc dans ses valises. 

Les voyageurs qui importent de la viande de porc s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 1300 $. En raison de la menace de la peste porcine, la loi est maintenant appliquée de manière plus rigoureuse. Depuis le 1er janvier 2019, 678 sanctions ont été imposées au Canada pour une infraction en lien avec un produit porcin. Les produits n’ont cependant pas été testés puisqu’ils sont détruits sur-le-champ pour éviter de propager le virus. Les agents travaillent aussi de manière ciblée. Les vols en provenance des pays infectés font l’objet d’une surveillance accrue.

Les basses-cours plus à risque

Les animaux élevés en basse-cour et les sangliers sauvages sont plus à risque de contracter la maladie que les porcs des élevages commerciaux qui sont soumis à des normes sévères de biosécurité. Selon les Éleveurs de porcs du Québec, 1278 éleveurs amateurs sont enregistrés au Québec. La pratique est aussi très répandue en Colombie-Britannique.

« Notre crainte, c’est que des voyageurs rapportent de la viande contaminée à des familles qui élèvent des porcs en basse-cour, qu’on leur donne des restes de table et que ça devienne l’élément déclencheur. Historiquement, dans les dernières décennies, l’introduction dans de nouveaux pays de la peste porcine africaine ou d’autres maladies exotiques s’est souvent faite de cette façon-là », souligne Martin Pelletier.

Au Canada, il est interdit de nourrir les porcs avec du porc. Alimenter les cochons avec les restes de table est cependant souvent perçu comme une manière de valoriser les déchets.

Les sangliers et les cochons sauvages sont très nombreux en Saskatchewan. La seule province qui n’en compte pas est Terre-Neuve-et-Labrador. « Si jamais un voyageur vient ici, qu’il laisse un produit dehors et qu’un cochon sauvage devient infecté, ça, on ne pourra pas être capables de s’en débarrasser », dit le Dr Jaspinder Komal.

Le second vecteur de risque identifié par les autorités est la moulée en provenance des pays infectés.

Le virus peut survivre à la traversée de l’océan. C’est pourquoi, désormais, les moulées en provenance de l’étranger doivent subir un traitement de chaleur de 20 jours à 20 °C.

Une feuille de route en cas d’éclosion

Puisque la menace de la peste porcine est bien réelle, le Canada a mis en place un plan de zonage pour éviter la propagation. Si une ferme devenait infectée, le territoire situé dans un rayon de 3 km serait déclaré « zone infectée », tandis que le territoire situé dans un rayon de 10 km serait déclaré « zone surveillée ». Tous les porcs dans la zone infectée seront abattus par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), qui a le pouvoir de le faire et de dédommager les agriculteurs.

Aucun animal ne pourra sortir de la zone de 10 km. Avant de pouvoir circuler, les camions de marchandises, de moulée ou de ferme devront se doter d’un permis. Des équipes de soutien psychologique seront déployées pour aider les familles agricoles à traverser la crise.

Le Canada est le troisième exportateur de porc en importance au monde. Près de 70 % de notre production est destinée à l’exportation. En 2017, plus de 1,2 million de tonnes de porc, évaluées à 4 milliards de dollars, ont été exportées.

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Daisy, un grand labrador brun, fait partie de l’équipe « agriculture » du Service des chiens détecteurs de l’Agence des services frontaliers du Canada.

Les États-Unis sont le principal importateur de porc canadien. C’est pourquoi le Canada s’est déjà entendu avec Washington sur les périmètres en cas de crise. Une entente a aussi été conclue avec l’Europe. Des discussions sont toujours en cours avec le Japon, le deuxième importateur de porc canadien.

« On espère qu’à l’intérieur de trois ou quatre semaines, si jamais ça nous arrive ici au Canada, on pourra rétablir le commerce avec les États-Unis et l’Europe une fois que l’on aura démontré qu’on aura certifié toutes nos zones », explique M. Komal.

Quant à Martin Pelletier, il estime que la menace est grandissante, mais il a bon espoir que les efforts déployés seront suffisants. « Il faut reconnaître que la mobilisation depuis la peste porcine africaine, c’est une mobilisation qui est d’un niveau sans précédent. C’est du jamais-vu, donc la menace est vraiment prise au sérieux. »

« On a extrêmement peur de se faire contaminer »

Le Québec produit 7 millions de porcs par année. Alexandre Coupal, l’un des 2800 éleveurs de la province, prend la menace de la peste porcine africaine très au sérieux. Le virus pourrait emporter sa pouponnière en quelques jours.

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N’entre pas qui veut dans une porcherie. Au Québec, de rigoureuses mesures de biosécurité existent pour éviter de faire entrer des contaminants. À la ferme A. Coupal & Fils, il faut mettre des couvre-chaussures dès que l’on pose le pied sur la terre. Tout le monde doit prendre une douche avant d’entrer dans le bâtiment. Les employés et visiteurs doivent ensuite enfiler une combinaison et des bottes qui restent toujours sur les lieux, puis traverser un sas.

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« On a extrêmement peur de se faire contaminer par quelque chose qu’on ne contrôle pas », explique Alexandre Coupal, qui gère une maternité de 600 truies à Saint-Bernard-de-Michaudville, en Montérégie. « Aujourd’hui, avec le libre-échange, on transige énormément avec les autres pays, il faut être très, très vigilants dans nos opérations », ajoute-t-il en soulignant que ses cages proviennent par exemple de la Chine, un pays ravagé par la peste porcine africaine depuis 2008.

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En plus de son élevage de porcelets de lait destinés à la restauration ou aux élevages d’engraissement, Alexandre Coupal possède l’entreprise Maître cochon. Elle fournit des porcs à des particuliers qui souhaitent élever eux-mêmes leurs bêtes. « Les gens veulent savoir de plus en plus ce qu’ils mangent. Ça s’inscrit dans la même mode que celle des poulaillers à Montréal », explique-t-il. Cette année, il a fourni environ 1200 porcelets à quelque 200 clients.

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En raison de leurs mesures de biosécurité, les élevages commerciaux sont moins à risque d’être atteints que les élevages en basse-cour. À l’extérieur, ils peuvent aussi être en contact avec des sangliers sauvages. Depuis l’éclosion du virus en Asie, Alexandre Coupal donne des marches à suivre à ses clients et insiste sur l’importance de ne jamais donner de restes de table à des porcs. Il remet aussi des fiches explicatives détaillant les symptômes de la maladie.

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Le syndicat des Éleveurs de porcs a indiqué plus tôt cette année à ses membres qu’il préférait qu’ils s’abstiennent de vendre des bêtes à des particuliers. Alexandre Coupal affirme que ses clients lui ont clairement dit qu’ils se tourneraient ailleurs. Il préfère donc les éduquer et assurer la traçabilité des bêtes. « Pour moi, c’est extrêmement stressant si je ne sais pas d’où viennent les cochons en basse-cour qui vivent près de ma ferme. »

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L’élevage de la famille Coupal est actuellement classé comme étant totalement exempt de maladie. Les fermes dans cette catégorie reçoivent les premières livraisons dans la semaine, tout de suite après le nettoyage des camions de moulée ou de transport des animaux. L’agriculteur est cependant prêt à agir au moindre symptôme. Cette corde, que les cochons mâchent, sert à récolter la salive. Pour 100 $, l’échantillon peut être analysé en quelques heures dans un laboratoire situé à Saint-Hyacinthe.

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Même si le virus n’est jamais entré au pays, il est important pour les agriculteurs de rester à l’affût. La rapidité de la réponse est cruciale. Il faut stopper tous les mouvements à la ferme et avertir l’Agence canadienne d’inspection des aliments. « Si ça m’arrive demain matin, je ne veux pas le transmettre à d’autres éleveurs, dit Alexandre Coupal. Dès le premier signe, c’est mon devoir d’avertir tout le monde autour de moi. »

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Une éclosion de peste porcine africaine serait dévastatrice pour l’industrie québécoise, le deuxième secteur agricole en importance après l’industrie laitière. « Si la frontière ferme, les stocks montent et les prix chutent », dit Alexandre Coupal. « Je suis convaincu que la peste porcine va rentrer au Canada. On ne sait pas quand. Peut-être que ça va être dans 10 ans. Il faut la retarder le plus longtemps possible. »

Une progression fulgurante

Présente en Afrique depuis plus de 100 ans, mais éradiquée en Europe dans les années 90, la peste porcine est réapparue dans la région du Caucase en 2007. Depuis, la maladie progresse de manière exponentielle et a atteint un continent qui, jusqu’ici, n’avait jamais été touché : l’Asie.

1921 : Afrique

La maladie de la peste porcine africaine a été rapportée dans la littérature scientifique pour la première fois en 1921 par le vétérinaire pathologiste Eustace Montgomery. Durant un moment, le virus a d’ailleurs porté son nom. Montgomery a observé la maladie pour la première fois au Kenya en 1910. Peu de temps après, des cas ont été recensés en Afrique du Sud et en Angola. Montgomery a écrit son rapport final sur la maladie en 1917, mais sa publication a été retardée en raison de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, la maladie est considérée comme endémique dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne comme l’Afrique du Sud et le Nigeria. Elle est transportée notamment par les tiques.

2007 : Caucase

C’est la Géorgie qui aurait été la porte d’entrée de la pandémie en Eurasie. Le premier cas a été recensé en mai 2017 dans le port de Poti. Le virus aurait été transmis par l’intermédiaire d’un navire en provenance de l’Afrique de l’Ouest. Les restes de table du bateau – qui contenaient du porc infecté – auraient été donnés à des animaux de basse-cour. De là, la maladie s’est propagée dans les pays limitrophes. En Russie, elle a d’abord été détectée chez des sangliers sauvages en Tchétchénie puis chez les porcs domestiques de l’Ossétie du Nord. Le virus s’est aussi répandu en Arménie puis en Azerbaïdjan.

2012 : Europe de l’Est

En juillet 2012, une première éclosion de peste porcine africaine a été déclarée dans une basse-cour située à Komyshuvatka, en Ukraine, à environ 150 km de la frontière russe. L’une des hypothèses avancées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est que des bêtes auraient consommé des déchets de table contenant du porc contaminé. Ce porc aurait été rapporté par des visiteurs russes de passage pour les vacances. Le virus s’est ensuite propagé en 2013 en Biélorussie. De là, il se serait dispersé en 2014 en Lituanie, en Pologne, en Lettonie et en Estonie. Aujourd’hui, le virus est aussi présent en Moldavie, en République tchèque, en Roumanie, en Hongrie et en Bulgarie.

2017 : Russie

Une éclosion de peste porcine africaine est survenue à Irkoutsk, en Sibérie, en mars 2017. Le virus aurait donc fait un immense saut de près de 3000 km du premier lieu de contamination décelé 10 ans plus tôt dans l’ouest du pays, en Tchétchénie. C’est à ce moment que les autorités sanitaires ont commencé à craindre que le virus se répande en Chine, à environ 1000 km de là. Leurs appréhensions se sont rapidement avérées exactes. La maladie aurait été introduite dans l’empire du Milieu peu de temps après par des camions transportant de la moulée pour les cochons qui auraient transité par la Russie.

2018 : Chine

Le premier cas en Asie de l’Est a été rapporté en Chine en août 2018. Il s’agit d’une catastrophe pour le premier producteur de porc mondial. En 2016, les Chinois étaient responsables d’environ la moitié de la production de porc de la planète. Ce sont aussi les plus grands consommateurs de cette viande. Selon le plus récent bilan de l’ONU, près de 1,2 million de cochons ont été abattus jusqu’à présent. Les images de fosses communes ont d’ailleurs fait le tour du monde. La Chine compte environ 26 millions de producteurs de porcs. Officiellement, 163 éclosions ont été détectées dans 32 provinces.

2018 : Belgique

La peste porcine africaine a été détectée chez des sangliers sauvages trouvés morts dans la province de Luxembourg en septembre 2018. Après la découverte des carcasses, une zone forestière de 630 km2 a été frappée d’une interdiction de circuler. Une « zone infectée » a aussi été déclarée. Le virus n’a pas infecté de porcs domestiques. Il est possible que la maladie ait été transmise par des camionneurs circulant de l’est de l’Europe vers l’ouest. On pense qu’ils auraient jeté des restants de nourriture contaminée lors d’une halte sur la route. En 1985, la Belgique a éradiqué un premier épisode de peste porcine africaine en abattant 21 000 bêtes d’élevage. Un épisode dans la population sauvage pourrait être beaucoup plus difficile à stopper.

2019 : Ailleurs en Asie

La Chine a servi de tremplin pour que la maladie se propage en Asie du Sud-Est puis dans le reste de l’Asie. Dix pays ont été touchés en moins d’un an. La maladie est d’abord entrée par la Mongolie en janvier 2019, puis au Viêtnam un mois plus tard. La crise est particulièrement grave dans ce pays, où déjà 5,8 millions de porcs ont été abattus. Les Philippines se sont jointes à la liste en juillet 2019 et 70 000 porcs y ont été abattus. Au Laos, près de 165 éclosions ont été déclarées dans l’ensemble du pays. Près de 39 000 cochons ont été tués dans l’espoir de contrôler la maladie. Le plus récent pays touché est le Timor oriental. Le premier cas a été rapporté en septembre cet automne.

Sources : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Organisation mondiale de la santé animale, entrevue avec le vétérinaire en chef du Canada, le Dr Jaspinder Komal