(Edmonton) Le commandant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Alberta a présenté ses excuses auprès de la famille d’une Autochtone disparue il y a neuf ans et dont l’assassin n’a jamais été retrouvé.

La Presse canadienne

Amber Tuccaro avait 20 ans, en août 2010, lorsqu’elle a quitté son domicile de Fort McMurray, en Alberta, pour se rendre en avion à Edmonton. Elle a ensuite pris une chambre dans un hôtel près de l’aéroport.

Le lendemain, elle est allée à Edmonton dans le véhicule d’un homme — et on ne l’a plus jamais revue vivante. Son crâne a finalement été retrouvé en forêt deux ans plus tard.

Le sous-commissaire Curtis Zablocki, commandant de la GRC en Alberta, a déclaré jeudi à la famille d’Amber Tuccaro que la police fédérale n’avait pas traité le dossier d’une façon suffisamment urgente. Il a admis que ce traitement n’était pas conforme aux normes de la GRC.

« Je reconnais pleinement que durant les premiers jours de notre enquête sur la disparition d’Amber, nous n’avons pas fait preuve du sentiment d’urgence et de l’attention qu’exigeait la situation. Nous sommes d’accord avec la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC : en 2010, l’enquête initiale du détachement de Leduc sur la disparition d’Amber n’était pas notre meilleur travail et ne respectait pas nos politiques et directives établies », a reconnu M. Zablocki.

« Au nom de la GRC, je suis vraiment désolé », a-t-il ajouté.

La famille d’Amber Tuccaro a rejeté les excuses de la GRC.

« Ces excuses ne signifient rien pour moi, a déclaré la mère de la jeune femme, Tootsie Tuccaro. [Le sous-commissaire Zablocki] ne l’a fait parce qu’on lui a dit de le faire. »

Le départ précipité de M. Zablocki de la conférence sous prétexte d’un rendez-vous pressant l’a aussi mise en colère. « Des excuses doivent être sincères. Et pourtant, ce sont eux qui peuvent juste se lever et s’en aller. »

Après la conférence de presse, la famille de la jeune femme a dévoilé une nouvelle affiche exhortant quiconque disposant d’informations pouvant aider à résoudre cette affaire à contacter la police.

« Aujourd’hui, je ne sais pas ce que je ressens, vraiment pas, a déclaré Mme Tuccaro. Je suis furieuse, je souffre. Je suis un paquet de nerfs, mais comme Amber me le disait toujours : “tu vas t’en sortir, ma”. »

L’avocat de la famille, Patrick Stratton, a dit que celle-ci veut réclamer un dédommagement.