(Ottawa) Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a reçu 21 % plus de plaintes en 2018-2019 que l’année précédente, une situation qui n’est pas étrangère aux compressions imposées aux Franco-Ontariens par le gouvernement Ford.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

« À l’échelle du pays, on constate une érosion des droits linguistiques depuis un certain nombre d’années. Je pense que la situation de l’Ontario a focalisé l’attention sur cette problématique », constate M. Théberge.

Près de la moitié des 1087 plaintes reçues proviennent de la région de la capitale nationale, soit Ottawa et Gatineau, où se trouvent de nombreux ministères et fonctionnaires fédéraux.

Des sondages menés auprès de la fonction publique par le Commissariat aux langues officielles démontrent que le taux de satisfaction des francophones dans la fonction publique vis-à-vis la langue de travail est « beaucoup moins élevé » que chez les anglophones, relève M. Théberge.

De façon générale, le commissaire pense que les Canadiens sont « beaucoup plus conscients de leurs droits linguistiques, et sont beaucoup plus prêts à les affirmer ».

« C’est un reflet, je dirais, des événements de la dernière année, a-t-il dit. C’est aussi le reflet d’une situation qui ne s’améliore pas, mais qui, à mon avis, s’aggrave. »

Après « Bonjour, Hi ! », « Bonjour ! Hello ! »

Selon le rapport du commissaire, rendu public jeudi, l’accueil bilingue — tel que « Bonjour ! Hello ! » — devrait être obligatoire à l’accueil des aéroports, la frontière des douanes ou encore les comptoirs de Service Canada, mais le service complet dans les deux langues officielles devrait aussi être disponible.

La Loi sur les langues officielles exige déjà des institutions fédérales de faire « l’offre active » des deux langues officielles lorsqu’elles communiquent avec les Canadiens.

Or, l’interprétation et la mise en œuvre de ces recommandations demeurent « très variables », est-il indiqué dans le rapport du commissaire. Il recommande au gouvernement fédéral de clarifier cette obligation, notamment par l’adoption d’un règlement.

Le commissaire Théberge en vient à la conclusion que lorsqu’un Canadien est accueilli dans les deux langues, il répondra dans la langue de son choix dans 80 % des cas. Dans le cas contraire, ce chiffre tombe à 40 %.

Le commissaire aux langues officielles demande une modernisation de la loi afin de la rendre « actuelle, dynamique et robuste » d’ici 2021 au plus tard. Même si des élections ont lieu dans les prochains mois, M. Théberge juge que cet échéancier est « réaliste ».

La ministre responsable des Langues officielles du Canada, Mélanie Joly, a déjà annoncé des consultations à ce sujet en vue d’une éventuelle modernisation.