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Tornade et Outaouais: «Par un miracle, il n'y a pas eu de décès»

« J'ai vu juste une main qui sortait. » Marcel Grégoire, 73 ans, a été gonflé... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Photo Robert Skinner, La Presse

« J'ai vu juste une main qui sortait. » Marcel Grégoire, 73 ans, a été gonflé d'une force encore inconnue quand il a extirpé sa voisine des décombres. « Elle a 86 ans, elle était couchée sur son lit, il y avait environ trois pieds de débris sur elle. J'ai tout dégagé. Le toit était parti. »

Marcel Grégoire et sa femme, Nicole.... (Photo Robert Skinner, La Presse) - image 1.0

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Marcel Grégoire et sa femme, Nicole.

Photo Robert Skinner, La Presse

M. Grégoire a la gorge nouée quand il revient sur la veille. Vendredi, sur l'heure du souper, une violente tornade, finalement classée dans la catégorie force 3, a balayé Gatineau et une partie de l'Ontario. Le quartier Mont-Bleu a été frappé de plein fouet alors que des vents ont soufflé à 230 km/h. Des dizaines de logements ont été endommagés, certains détruits.

Le dernier bilan fait état de près d'un millier de sinistrés. Quelque 700 d'entre eux se sont rendus au cégep de l'Outaouais, transformé en refuge depuis les évènements.

Rue Daniel-Johnson, où habitent Marcel et Nicole Grégoire, la scène est quasi irréelle. Des débris recouvrent le sol, des voitures se trouvent en travers de la voie. Les arbres sont déracinés. Au loin, on peut voir le mobilier d'une chambre à coucher au troisième étage d'un immeuble. La pièce est complètement ouverte. Plus de toit ni de murs.

« Ç'a duré le temps de le dire. Pas plus d'une demi-minute », ajoute M. Grégoire. Et pourtant, il n'en fallait pas plus pour que la tornade cause d'énormes dommages dans son sillage. Gatineau est ébranlé. Il faudra des semaines, voire des mois pour reconstruire. 

« On est à la rue », a lancé à La Presse Johanne Labelle. Elle vit rue Georges-Bilodeau. C'est à deux pas de la rue Daniel-Johnson. Son immeuble est condamné, impossible d'y entrer, même pas pour aller récupérer des médicaments. « J'ai dormi chez ma fille. On ne sait pas ce qui va arriver », dit-elle, sous le choc. Sylvie Cloutier habite le troisième étage. De la rue, elle observe son « beau salon » qui n'est plus. Son toit s'est envolé.

Mme Cloutier n'était pas à la maison quand la nature s'est déchaînée. Hier, elle n'arrivait pas à imaginer ce qui aurait pu se produire si elle avait été chez elle. « Je n'ai pas de mots. Je ne peux pas dire », admet-elle avec émotion. « Ce que je retiens, ce sont les gens qui étaient là, dans la rue, quand je suis revenue. Comment ç'a pu être dur pour eux. »

« UN MIRACLE »

« Par une chance extraordinaire pour ne pas dire par un miracle, il n'y a pas eu de décès », a laissé tomber le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en mêlée de presse. Les autorités ont rapporté une trentaine de blessés légers. Et du haut de la rue Jumonville, avec vue sur le quartier Mont-Bleu, il est facile de croire que le bilan aurait pu être pire.

« J'ai pris mon fils dans mes bras et on s'est cachés. » Jolie Mbabazi était allée récupérer quelques effets personnels quand La Presse l'a rencontrée. Par chance, son logement est situé au rez-de-jardin. 

« La voisine d'en haut, elle a un nouveau-né. Elle était réfugiée dans le corridor, le toit était arraché. Je lui ai dit de venir se cacher chez nous. »

- Jolie Mbabazi

Parce que dans le pire est aussi né un vaste mouvement de solidarité. Des citoyens n'ont pas hésité à se précipiter dans les zones sinistrées pour venir en aide à leurs proches, dans les minutes qui ont suivi le passage de la tornade. « On ramassait les débris et d'un coup, le vent s'est levé de nouveau. Là, tout le monde a paniqué », relate Julie Cayen.

« Tout le monde s'est mis à courir et à crier. J'étais avec mon fils, on a juste couru, on a marché sur des clous plantés dans des planches tombées au sol. On s'est retrouvés entre 25 et 30 personnes dans la cave d'une résidence, en attendant que ça finisse », ajoute-t-elle.

RÉINTÉGRATION PARTIELLE

La moitié des sinistrés ont pu regagner leur domicile en soirée hier. « Ça veut dire que leur immeuble est sécurisé », indique le maire Pedneaud-Jobin. Le retour à la maison pour l'autre moitié des citoyens touchés restait encore nébuleux. Une partie d'entre eux pourront aller aujourd'hui récupérer des biens essentiels, escortés par les pompiers.

« Pour des gens, par contre, ça va prendre des semaines, peut-être des mois », ajoute le maire. Il est évident par ailleurs que des immeubles devront être totalement rasés en raison de l'ampleur du sinistre. La Ville de Gatineau dit déjà travailler avec Québec pour mettre en place un programme d'aide au logement et faciliter le relogement de résidants.

« Il faut comprendre que parmi les bâtiments touchés, il y a des HLM. L'important, c'est que les gens qui y vivaient puissent se reloger adéquatement. »

- Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

La Ville ignore pour l'heure le nombre de sinistrés qui se trouveraient dans une situation plus précaire. Au total, 215 bâtiments ont été touchés, totalisant 1686 logements.

COURS SUSPENDUS

L'école secondaire Mont-Bleu, qui accueille quelque 1400 élèves, a été la proie des flammes vendredi après que la foudre eut allumé un brasier. Hier, la commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais a confirmé que les cours étaient suspendus du 24 au 28 septembre, le « temps de s'organiser ». Le feu a surtout endommagé la section du gymnase.

Il est prévu que le cégep de l'Outaouais demeure le lieu de refuge des sinistrés encore aujourd'hui, mais la situation pourrait être réévaluée avec la reprise prévue des cours lundi. « La direction du cégep a été claire : la priorité, ce sont les sinistrés. On ne veut pas les bouger d'une place à l'autre », a commenté le maire Pedneaud-Jobin.

En soirée hier, Hydro-Québec avait déjà rétabli le courant dans de nombreux foyers. Quelque 14 000 clients étaient toujours sans électricité.




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