Trans Mountain: le gouvernement fédéral menace d'intervenir dans le conflit

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Il y a deux semaines, le premier ministre britanno-colombien John Horgan a annoncé qu'il considérait l'idée de limiter le débit de pétrole transporté dans la province en attendant une évaluation pour s'assurer que de possibles déversements seraient bien nettoyés.

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La Presse Canadienne

Le ministre fédéral des Ressources naturelles signale qu'il n'acceptera aucune tentative de la part de la Colombie-Britannique d'interrompre ou de stopper l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, un débat qui a provoqué un conflit interprovincial important dans l'Ouest du pays.

Jim Carr a déclaré lundi que si telle était l'intention de la Colombie-Britannique, le gouvernement fédéral prendrait «les mesures nécessaires pour s'assurer que le projet approuvé par le fédéral aille de l'avant».

Interrogé sur la possibilité d'aller devant les tribunaux, M. Carr a affirmé qu'Ottawa «avait toutes sortes d'options» pour prouver qu'il a la compétence de légiférer sur les oléoducs qui chevauchent plusieurs provinces.

Le premier ministre Justin Trudeau et les membres de son gouvernement ont rencontré les représentants britanno-colombiens et albertains dans les derniers jours pour tenter de dénouer l'impasse, provoquée par les propos du premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique.

Il y a deux semaines, John Horgan a annoncé qu'il consultait ses résidants sur la pertinence de limiter le débit de pétrole transporté dans la province en attendant une évaluation pour s'assurer que de possibles déversements seraient bien nettoyés.

Cela aurait un impact direct sur l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, qui s'étend de l'Alberta jusqu'en Colombie-Britannique. Le projet été approuvé par le gouvernement fédéral en 2016 malgré les critiques soulevées dans la province.

La Colombie-Britannique n'a pas encore pris de décision formelle, ce qui limite le champ d'action du gouvernement fédéral.

L'Alberta est en faveur de cet oléoduc, mais le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique élu l'an dernier avait fait campagne en promettant d'utiliser «tous les outils» pour combattre le projet.

Notley trépigne d'impatience

La première ministre de l'Alberta a d'ailleurs montré des signes d'impatience, lundi. Elle a laissé quelques jours à Ottawa pour qu'il progresse afin de régler le conflit, sans quoi son gouvernement considérera d'autres mesures de représailles contre la province voisine.

Rachel Notley a déjà suspendu des négociations pour acheter de l'électricité à la Colombie-Britannique, en plus de bannir l'importation de tous les vins provenant de la province.

«Nous ne cherchons pas une aggravation (du conflit), mais si la Colombie-Britannique continue d'insister qu'elle a le droit d'attaquer l'économie albertaine alors qu'elle ne l'a pas, nous aurons d'autre choix que de répondre», a-t-elle laissé tomber.

Mme Notley a dit apprécier que le gouvernement fédéral «comprenne le ridicule» de cette affaire, mais elle l'a encouragé à s'ingérer dans le débat pour que le gouvernement Horgan cesse de faire des menaces.

La balle est dans le camp de la Colombie-Britannique, a-t-elle soutenu.

La porte-parole conservatrice en matière de ressources naturelles, Shannon Stubbs, a aussi demandé au gouvernement Trudeau de s'impliquer davantage.

Elle a présenté une motion à la Chambre des communes lundi pour inviter le gouvernement fédéral à présenter d'ici jeudi prochain un plan spécifique pour que l'oléoduc soit construit.

Le ministre Carr a accusé sa vis-à-vis d'avoir présenté cette motion pour fabriquer une crise et attiser les tensions entre les régions.




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