Il y a 50 ans, le 29 novembre 1963, a eu lieu la pire tragédie aérienne de l'histoire du Québec et l'une des pires au Canada lorsqu'un avion DC-8 transportant 118 personnes s'est écrasé près de Sainte-Thérèse-de-Blainville, dans les Laurentides.

Caroline St-Pierre LA PRESSE CANADIENNE

L'écrasement de l'appareil des Lignes aériennes Trans-Canada a eu lieu en début de soirée, quelques minutes à peine après son départ de Dorval en direction de Toronto. Aucun des 111 passagers et sept membres d'équipage n'a survécu, et la cause exacte de l'écrasement n'a jamais pu être déterminée.

Un document publié sur le site de Bibliothèque et Archives Canada raconte qu'«au dire de plusieurs témoins, l'avion a pris feu pendant qu'il était encore dans les airs, puis a explosé et s'est écrasé. Les témoins ont dit aussi que l'impact avait provoqué l'éclatement des fenêtres des maisons et la chute d'objets à l'intérieur des maisons.»

Un cratère d'environ 45 mètres de long par 22,5 mètres de large a été formé par l'écrasement.

«C'est tombé dans un terrain qui était assez marécageux, a raconté l'historien et responsable en loisir de la Ville de Blainville, Martin Rodgers. On était une soirée de novembre, il faisait froid, il pleuvait, ça s'est transformé en neige un petit peu plus tard, et malheureusement, les 118 personnes qui étaient à bord de l'appareil sont mortes.»

Les terrains rendus boueux et marécageux par les pluies abondantes des jours précédents ont compliqué la vie des enquêteurs, qui ont dû attendre que la machinerie lourde réussisse à ouvrir un chemin liant les routes principales au site de l'écrasement.

Des fouilles ont alors été organisées pour retrouver les dépouilles, mais aussi les pièces de l'appareil qui permettraient peut-être de déterminer une cause de l'écrasement. Mais le rapport de la Commission royale d'enquête sur l'écrasement, présenté par le ministère des Transports en juin 1965, a conclu que l'avion était trop désintégré pour permettre de savoir ce qui a réellement causé l'accident. Selon M. Rodgers, aucun corps entier n'a été retrouvé dans les décombres; seules des parties de corps ont été ramassées.

«Le soir même de l'incident, ils ont dû s'organiser avec les moyens du bord, a expliqué M. Rodgers. Dans ce qui était la paroisse de Sainte-Thérèse-de-Blainville, on avait un policier, M. Aubertin, qui a maintenu la sécurité tant bien que mal, mais il a eu tôt fait d'avoir affaire avec des pilleurs de cadavres et on raconte qu'il a même dû tirer quelques coups de feu en l'air pour dissuader certaines personnes de partir avec des montres ou avec des porte-feuilles.»

Sur le site de sa ville, le maire de Blainville, Richard Perreault, souligne que «de nombreux anciens de (la) communauté ont encore des souvenirs saisissants de cet accident», ajoutant que la tragédie «a marqué la vie de certaines personnes de (la) communauté».

Martin Rodgers abonde dans le même sens et souligne que tous les résidants de la région qui étaient sur les lieux à l'époque ont des souvenirs de l'événement, peu importe leur âge.

«C'est quelque chose qui fait partie de l'histoire nationale, de l'histoire provinciale et même à la limite de l'histoire mondiale parce que c'est une des premières grandes catastrophes (aériennes) non seulement du Canada, mais du monde entier aussi. Mais pour nous d'abord et avant tout, ça fait partie de notre histoire très locale», a-t-il avancé.

«D'une façon ou d'une autre, tout le monde a pas mal été touché par cet événement-là et encore aujourd'hui, quand on parle aux citoyens, les souvenirs sont assez vifs chez beaucoup de gens.»

Vendredi et samedi, la Ville de Blainville soulignera le 50e anniversaire de la tragédie. Près de 250 membres des familles des victimes seront alors attendus à Blainville et à Sainte-Thérèse, où se tiendra une cérémonie privée.

Le samedi 30 novembre, la commémoration deviendra publique. Les visiteurs pourront entre autres visiter une exposition consacrée à la catastrophe au musée Joseph-Filion et aller voir une plaque commémorative installée sur les lieux de l'accident.

Seules deux autres tragédies aériennes ont été plus meurtrières que celle de Sainte-Thérèse-de-Blainville au Canada. Le 12 décembre 1985, les 256 personnes à bord du vol 1285 d'Arrow Air ont perdu la vie dans un écrasement près de Gander, à Terre-Neuve. Puis, le 2 septembre 1998, un appareil de la Swiss Air s'écrasait au large de la Nouvelle-Écosse, causant la mort des 229 personnes à bord.