Geste de mauvais goût? Tentative de Rob Ford de se réhabiliter auprès des Torontois? Quoi qu'il en soit, les gens se sont présentés en grand nombre, mardi matin, pour acheter une nouvelle figurine «à tête branlante» du maire et d'autres articles sur la tourmente à la mairie.

Publié le 12 nov. 2013
Colin Perkel LA PRESSE CANADIENNE

Pour l'occasion, l'édile s'est prêté au jeu en dédicaçant les 300 premières figurines mises en vente au prix de 20 dollars chacune à l'hôtel de ville de Toronto.

L'édition est limitée à 1000 figurines et les bénéfices de la vente doivent être remis à un organisme de charité.

La foule était composée aussi bien de partisans que de détracteurs du maire et certains semblaient plus intéressés par l'avantage pécuniaire du négoce que par ses mérites philanthropiques.

Des centaines de personnes ont mis la main sur la petite figurine de plastique représentant le maire tristement célèbre, certaines patientant des heures pour acquérir la pièce de collection. La queue qui a pris forme à 5 h à l'hôtel de ville témoigne sans doute de l'attention qu'a suscitée l'affaire à l'international.

La figurine, vendue à 20 $, était limitée à une par personne, et produite à seulement 1000 exemplaires - à tout le moins pour une première série. Les recettes vont à des oeuvres de bienfaisance.

Certaines personnes ont souligné que la figurine ressemblait davantage au frère du maire, le conseiller Doug Ford, grand défenseur de Rob.

Doug Ford a reconnu que la figurine ne ressemblait pas en tous points au maire de Toronto, disant croire que les concepteurs avaient mis «un peu trop de cheveux» et enlevé «quelques livres» à sa silhouette.

Rob Ford se prêtait à des signatures sur les boîtes et les figurines, et posait pour des photos. La figurine n'était qu'un élément parmi d'autres, tels que des chandails, des photos et des aimants pour le réfrigérateur représentant le maire, qui a admis la semaine dernière avoir consommé du crack lors d'un épisode d'«ébriété extrême».

«J'ai fumé du crack avec Rob Ford», pouvait-on lire sur l'un des chandails vendus mardi.

«Je vais seulement mettre (la figurine) sur une étagère et m'amuser, a dit un fidèle partisan de Rob Ford, John Rowland, qui était troisième dans la file. Tout le monde a ses propres problèmes personnels. Il l'a finalement admis. Je ne crois vraiment pas que cela affecte ce qu'il accomplit à l'Hôtel de ville.»

Alors que plusieurs personnes sur place disaient soutenir le maire, d'autres exprimaient poliment leur dégoût en mettant la main sur une figurine. «Il s'agit d'une relation amour-haine», a affirmé Jay White.

Doug Ford a soutenu que la grande popularité de ces articles illustrait pourquoi le maire n'avait pas l'intention de se retirer temporairement ou de démissionner.

«Je ne crois pas qu'il y ait un politicien au pays, incluant le premier ministre, qui pourrait attirer tant de gens avec une figurine à tête branlante à son effigie», a fait valoir le conseiller. D'ailleurs, quelques heures plus tard, une figurine du maire était proposée pour 500$ sur un site de commerce électronique.

C'était la deuxième sortie publique en deux jours pour Rob Ford qui, après une semaine passée en pleine tourmente suite à ses déclarations sur ses abus d'alcool et sa consommation de drogue, avait participé lundi aux commémorations du 11 novembre.

Si le maire de Toronto reste en poste, il devrait faire face mercredi à une motion du conseil municipal déposée par un de ses anciens alliés, le conseiller Denzil Minnan-Wong afin de demander au gouvernement provincial de l'Ontario d'intervenir.

- Avec Agence France Presse -