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Plus de 1500 proxénètes au Québec

Rendu en décembre, un jugement de la Cour... (Photo archives AFP)

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Rendu en décembre, un jugement de la Cour suprême avait déclaré inconstitutionnels les articles de loi interdisant la sollicitation, le proxénétisme et la tenue d'une maison de débauche.

Photo archives AFP

Isabelle Hachey

Plus de 1500 proxénètes ont sévi au Québec au cours des 10 dernières années, selon un rapport inédit du Service du renseignement criminel du Québec (SRCQ). Et encore, il ne s'agit que de ceux qui ont été repérés par les services de police de la province.

Il est difficile de brosser un portrait juste de l'industrie du sexe, étant donné sa nature clandestine. Mais, pour la première fois, le SRCQ a tenté de cerner l'ampleur de l'exploitation sexuelle des femmes destinées à alimenter ce lucratif marché.

En analysant diverses banques de données policières, le SRCQ a identifié 1348 suspects impliqués dans le proxénétisme et la traite de personnes depuis 10 ans. Plus de 200 autres suspects ont été éliminés de l'étude pour des détails techniques.

«Dans chaque salon de massage, dans chaque bar de danseuses, il y a des femmes victimes de traite humaine. C'est clair.»

Annie Robert
Gendarmerie royale du Canada

Ces chiffres confirment que « l'exploitation commerciale du sexe constitue une industrie bien implantée au Québec », conclut le rapport, obtenu par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Et ce n'est sans doute que la pointe de l'iceberg. « La réalité est plus importante, dit Pascale Philibert, spécialiste de la question au Centre jeunesse de la Montérégie. Dans les dossiers de proxénétisme et de traite, les filles ne portent pas plainte. Si c'est ce que les policiers attendent, ils vont attendre longtemps. »

« Considérant la nature très discrète de ce marché, les données officielles sous-estiment l'ampleur du phénomène », reconnaît le SRCQ dans son rapport. « Plusieurs victimes sont réticentes à dénoncer leur agresseur, de peur d'être violentées, et développent des symptômes de stress post-traumatique. »

L'implication du crime organisé

Les gangs de rue investissent de plus en plus le marché du sexe, au point où «le proxénétisme serait leur sphère d'activité principale dans plusieurs régions du Québec», estime le SRCQ.

«Souvent, quand on parle de gang de rue, on parle de drogue, rarement de proxénétisme. Pourtant, ici en Montérégie, les membres de gangs sont presque tous des proxénètes», souligne Mme Philibert.

Des groupes du crime organisé de souche asiatique et est-européen sont également impliqués dans ces activités.

«Le marché du sexe est très lucratif, lit-on dans le rapport. De ce fait, il attire des individus liés aux organisations criminelles qui, souvent, ne se contentent pas seulement de profiter des  revenus générés, mais les réinvestissent afin de financer d'autres activités criminelles - telles que le trafic d'armes et de drogues.»

Les victimes se retrouvent dans tous les établissements qui offrent des services sexuels, dit Annie Robert, coordonnatrice de la sensibilisation à la traite des personnes de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Au Québec, il y en a des centaines.

2,6
millions
Nombre de transactions en lien avec la prostitution commerciale au cours d'une année au Québec (estimation conservatrice).

Découvrez le profil du proxénète québécois

1. PROFIL DU PROXÉNÈTE QUÉBÉCOIS

Âge : 32 ans

Sexe : homme (84,8%)

Les trois quarts des suspects ne sont impliqués que dans un dossier de proxénétisme. Ce sont généralement des hommes violents qui agissent seuls. Ils séduisent une jeune femme avant de la pousser à se prostituer. Ils l'exploitent en usant de tromperie, de fausses promesses, de séquestration et d'isolement.

2. PROFIL DE LA VICTIME

Âge : 20 ans

Sexe : femme (91,1%)

39% des victimes ont moins de 18 ans. Ce chiffre ne reflète peut-être pas la réalité, les policiers étant plus actifs dans les dossiers impliquant des mineures. Les victimes proviennent de tous les milieux socioéconomiques, mais les proxénètes semblent cibler des femmes issues d'un milieu défavorisé. Ce sont souvent des filles vulnérables, telles que des fugueuses ou des filles placées en centre d'accueil.

3. DES GANGS DE RUE ACTIFS

Un peu moins du quart (22,8%) des suspects identifiés sont liés à des gangs de rue. Mais ils sont beaucoup plus actifs que les autres. En effet, parmi les proxénètes ayant fait plus d'une victime, 53% sont liés à des gangs de rue.

4. DES CRIMINELS EN PUISSANCE

Les proxénètes commettent de nombreux autres crimes, souvent violents, et souvent contre les femmes. En fait, les infractions liées directement au marché du sexe ne comptent que pour 11,2% des crimes dans lesquels les proxénètes sont impliqués.

Source: Portrait provincial du proxénétisme et de la traite de personnes, Service du renseignement criminel du Québec, juillet 2013.




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