Concert de cornemuses, défilé de vétérans de la guerre et remise de médailles: l'heure était au souvenir et à la commémoration à Montréal, cet avant-midi.

Mis à jour le 11 nov. 2012
Ewan Sauves LA PRESSE

Rassemblés au pied du cénotaphe du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, plusieurs colonels décorés et vétérans des grands conflits mondiaux ont rendu hommage aux milliers d'hommes et de femmes tombés au combat.

Petits et grands portaient fièrement le coquelicot rouge pour souligner le 94e anniversaire de l'armistice de 1918, mettant fin à la Première Guerre mondiale.

Comme le veut la tradition, une minute de silence a été observée vers 11h, commémorant les soldats qui ont péri pour servir le Canada.

«J'ai commandé l'armée au Québec durant la crise du verglas. J'ai perdu des confrères dans certaines opérations et je les représente aujourd'hui. C'est un devoir de mémoire», a partagé le major général et colonel du Royal 22e Régiment, Alain Forand, la main sur ses médailles épinglées à son uniforme.

«Ce qui est malheureux, c'est de se rappeler seulement une fois par année du sacrifice des jeunes hommes canadiens», a-t-il ajouté. 

Organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), l'événement a rassemblé plusieurs ministres du gouvernement Marois, dont Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Diane De Courcy.

Ces derniers ont préféré cette célébration du jour du Souvenir à celle qui se tenait quelques kilomètres plus loin, à l'Université McGill, en présence de la Légion royale canadienne et du lieutenant-gouverneur.

Les députés du Parti québécois ont toutefois assuré qu'il n'y avait pas de partisanerie.

«On ne peut pas être à deux endroits en même temps», a indiqué le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville.

Pour Jean-François Lisée, il s'agit d'une tradition depuis 1998 d'assister à la cérémonie avec la SSJB. «Ils (les organisateurs à McGill) me verront l'an prochain. On va être là pour plusieurs années», a simplement commenté le ministre responsable de la région de Montréal.

Il a aussi rappelé à la population le sacrifice et le courage des Canadiens français qui se sont portés volontaires pour aller au front, lors de la Deuxième Guerre mondiale.

«Il faut se rendre compte que lorsqu'ils se sont présentés, les nazis étaient en train de gagner. Ils s'en allaient dans une bataille qu'ils pouvaient perdre, a dit le ministre responsable de la région de Montréal. Une partie de ce que nous sommes, on le leur doit.»

Au cours de la cérémonie, de nombreuses médailles de l'Assemblée nationale du Québec ont été remises à d'anciens combattants. Parmi eux: Manuel Manis, prisonnier de guerre et survivant du débarquement de Dieppe en 1942; le Dr Anthony Gilbert, qui a joint l'armée canadienne en 1967 comme chirurgien; et Jean-Napoléon Maurice, seule personne de race noire au sein des Fusillés Mont-Royal lors du débarquement de Dieppe.

Harper à Hong Kong pour les commémorations

Plusieurs autres cérémonies se déroulaient dimanche au pays en mémoire des membres des Forces canadiennes qui, au fil des guerres et des conflits, ont donné leur vie.

À Ottawa, c'est le gouverneur général David Johnston, accompagné d'anciens combattants, qui a pris la relève de M. Harper, en voyage d'affaires à Hong Kong.

Quant à la première ministre Pauline Marois, elle était présente à un rassemblement devant un monument aux morts à Montréal.

En visite à l'étranger, le premier ministre Stephen Harper a rendu hommage aux soldats canadiens tombés au combat à Hong Kong au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

«De la défense courageuse, désespérée et sanglante de Hong Kong au cours de laquelle, largement dépassés par le nombre, les Canadiens ont donné leur vie, ici reposent près de trois cents d'entre eux,» a déclaré M. Harper devant une centaine de personnes.

«Par leur mort, ils ont rendu possible la liberté dont nous jouissons, la démocratie et la justice sous lesquelles nous vivons», a-t-il ajouté.

Interrogé par les journalistes, Stephen Harper a refusé de commenter la controverse sur les funérailles des vétérans. Il n'a pas donné plus de détails sur le fait qu'un programme fédéral visant à offrir des funérailles dignes à d'anciens combattants pauvres a rejeté plus des deux tiers des demandes reçues depuis 2006.

Selon le ministère canadien des Anciens Combattants, 66 655 Canadiens sont tombés au champ d'honneur pendant la Première Guerre mondiale, 45 000 lors de la Seconde Guerre mondiale et 26 000 pendant la guerre de Corée.

- Avec Agence France-Presse et La Presse Canadienne