Il n'y a pas qu'au Québec que le monde de l'éducation connaît des soubresauts. Le gouvernement libéral de l'Ontario a déposé lundi son projet de loi qui imposerait la nouvelle convention collective des milliers d'enseignants de la province.

Publié le 27 août 2012
Maria Babbage LA PRESSE CANADIENNE

Cette loi imposerait un gel des salaires et réduirait les avantages sociaux, en plus de permettre au gouvernement d'interdire les grèves et les lock-outs.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a expliqué que cette loi garantirait que l'année scolaire se déroulera sans interruption, mais trois syndicats qui s'opposent à la mesure affirment qu'elle est tout à fait inutile.

La Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario a remis à plus tard ses votes de grève, expliquant que les négociations avec les conseils scolaires progressent. Le président du syndicat, Ken Coran, affirme que l'année scolaire n'est pas en péril et qu'elle ne l'a jamais été.

Le leader de l'opposition conservatrice, Tim Hudak, a de son côté déclaré qu'il aurait préféré qu'un gel salarial soit imposé à tous les employés de la fonction publique, mais que ce gel imposé aux enseignants est mieux que rien.

Le gouvernement libéral affirme que le projet de loi a été modifié pour répondre aux souhaits des conservateurs, notamment en ce qui a trait aux mécanismes d'embauche. La ministre Broten a expliqué que certaines mesures seront retirées du projet de loi mais qu'elles seront imposées plus tard par règlements.

M. Hudak a déclaré qu'il réclamera des changements au projet de loi, mais refuse d'utiliser son pouvoir auprès du gouvernement minoritaire. Il a aussi refusé de dire si ses conservateurs voteront en faveur de la loi ou s'ils s'abstiendront.

Les trois principaux partis de la province sont très actifs dans les circonscriptions de Kitchener-Waterloo et de Vaughan, où des élections complémentaires auront lieu le 6 septembre. Le premier ministre Dalton McGuinty était de nouveau de passage à Waterloo lundi, puisque ces élections pourraient le doter d'un gouvernement majoritaire.

Mais tout n'est pas encore réglé pour les élèves et les parents. Trois syndicats qui s'opposent aux demandes du gouvernement organisent une manifestation mardi à Queen's Park pour les dénoncer. Ils affirment qu'il n'y aura pas de conflit de travail cet automne, mais refusent de se prononcer à plus long terme.

Les libéraux ont rappelé les députés deux semaines plus tôt que prévu pour déposer le projet de loi. Si cette loi n'est pas adoptée, les anciennes conventions collectives des enseignants seront automatiquement renouvelées, et elles prévoient des hausses salariales et des avantages sociaux dont la province ne peut se permettre, selon le gouvernement.

Le Nouveau Parti démocratique accuse les libéraux d'inventer une crise de toutes pièces pour essayer de remporter les élections complémentaires.

La leader néo-démocrate, Andrea Horwath, prétend que le gouvernement a semé la peur concernant l'année scolaire pour faire oublier le fiasco du service provincial d'ambulance aérienne, et la facture de 190 millions $ liée à la fermeture d'une centrale au gaz pour sauver des comtés libéraux lors du dernier scrutin.