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Bien-être animal: la montée du welfarisme

«Je pense que nous sommes moralement obligés de... (Photo: André Pichette, La Presse)

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«Je pense que nous sommes moralement obligés de renoncer à l'élevage industriel, certes, mais que nous sommes aussi forcés d'abolir toutes les formes d'exploitation animale», soutient Valéry Giroux, qui a dirigé durant l'hiver un séminaire sur l'éthique animale à l'Université de Sherbrooke.

Photo: André Pichette, La Presse

«Tous les êtres sensibles, quelle que soit leur espèce, ont un intérêt à ne pas souffrir», dit Martin Gibert, chercheur postdoctoral en psychologie morale à McGill. Comme nous, porcs, boeufs, poulets et poissons sont dotés d'un système nerveux central. Ils peuvent ressentir la douleur. «Il me semble donc important de tenir compte des conséquences de nos actions sur le bien-être de ces animaux sensibles», souligne le chercheur.

C'est ce qu'on appelle, en éthique animale, l'approche welfariste, dont la montée a fait bouger Tim Hortons et McDonald's. «Les welfaristes entendent réformer la manière dont nous exploitons les animaux, afin d'améliorer leur bien-être [welfare en anglais], explique M. Gibert. L'intuition de base, c'est qu'on doit minimiser les souffrances inutiles, chez les animaux et les humains. Or, l'élevage industriel et toutes les souffrances qu'il entraîne sont vraiment quelque chose dont on peut se passer, dans le Québec de 2012.»

Bien que largement végétalien, M. Gibert accepte de manger un oeuf de poule élevée dans des conditions qu'il juge acceptables. Plus radicaux, les abolitionnistes - autre courant en éthique animale - s'y refusent. «Leur intuition de base est qu'on ne devrait pas traiter les animaux comme des choses, qu'on vend et qu'on achète», indique le chercheur, qui appartient au premier camp.

Faire la révolution darwinienne

Valéry Giroux, juriste et docteure en philosophie, est abolitionniste. «Évidemment, les conditions intensives d'élevage des animaux, exploités pour l'alimentation humaine, me choquent profondément», dit-elle.

Mais le coeur du problème n'est pas la manière dont nous traitons les animaux, selon Mme Giroux. «C'est plus fondamentalement le fait que nous percevions ces individus comme de simples ressources à notre disposition ou de simples marchandises», fait-elle valoir. Un animal a non seulement intérêt à ne pas souffrir, mais à vivre: on ne peut donc pas le tuer pour se nourrir, d'autant plus qu'on peut être végétalien et en bonne santé, argumente-t-elle.

Après avoir combattu le racisme et le sexisme, nos sociétés doivent dénoncer le «spécisme», soit la discrimination fondée sur l'espèce. «J'ai l'impression, regrette Mme Giroux, que la révolution darwinienne reste toujours à faire...»




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